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Révolution numérique

Le grand retour des économies d’énergie



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L’innovation est un levier majeur de la transition énergétique. (Photo: Fotolia / StockPhotoPro)

Cheval de bataille des pouvoirs publics dans les années 70-80 post-choc pétrolier, les économies d’énergie occupent de nouveau une place centrale dans les schémas de transition énergétique. Les technologies numériques dessinent des perspectives inédites en la matière.

L’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas! Une évidence qui motive les programmes d’économie d’énergie depuis le milieu des années 70 et le choc pétrolier qui a sonné le glas du pétrole bon marché. Face à l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, à la fin annoncée des énergies fossiles, à la volonté de réduire le parc nucléaire civil et au coût des énergies renouvelables, il redevient urgent d’adopter une approche raisonnée de notre consommation. 

Les nouvelles technologies et le numérique apportent des outils innovants pour aider les professionnels et les particuliers dans cette tâche, qu’il s’agisse d’ajuster la consommation, d’imaginer des logements moins énergivores, de recycler l’énergie produite ou de stocker l’énergie issue des énergies renouvelables qui était auparavant gaspillée.

Les pouvoirs publics, moteurs de la transition énergétique 

«L’amélioration de l’efficacité énergétique et la promotion des sources d’énergies renouvelables constituent les fondements de la politique climatique luxembourgeoise et de la transition énergétique.» Cette profession de foi affichée sur le site officiel du gouvernement est corroborée par plusieurs programmes nationaux d’aide et d’incitation aux économies d’énergie. Il s’agit, au travers d’objectifs contraignants et d’encouragement, de tendre vers une moindre dépendance énergétique.

Le plan d’action «Efficacité énergétique» dresse la feuille de route pour atteindre l’objectif d’une consommation nationale d’énergie primaire plafonnée à 52.111GWh à l’horizon 2020. Pour y parvenir, un premier plan d’action a été lancé en 2008. Plan régulièrement révisé depuis, le quatrième plan datant de 2017. Les mesures concernent différents secteurs et principalement celui du bâtiment, qui doit atteindre à terme le standard d’habitation à consommation d’énergie nulle.

Pour y parvenir, le gouvernement déploie une série d’aides de nature à favoriser les investissements dans les bâtiments à basse consommation d’énergie et les travaux d’assainissement énergétique (travaux d’isolation notamment). Le plan d’action «Efficacité énergétique» s’adresse également aux industriels. Soumis à des objectifs obligatoires, les industriels profitent aussi de subventions en faveur de l’investissement pour les technologies permettant d’améliorer l’efficacité énergétique.

Améliorer l’efficacité énergétique des habitations 

De leur côté, les fournisseurs de gaz naturel et d’électricité se voient imposer des objectifs d’économie d’énergie depuis 2015, à charge pour eux d’inciter leurs clients à prendre les mesures d’efficacité énergétique adéquates. Enovos propose ainsi une subvention pour la réalisation de travaux destinés à réduire la facture énergétique. C’est aussi le sens du paquet «Klimabank an nohaltegt Wunnen» déployé par le gouvernement. Destiné à promouvoir la construction durable et l’assainissement énergétique durable des bâtiments d’habitation, il prévoit des prêts climatiques à taux réduit et à taux zéro pour couvrir les dépenses des particuliers en matière de rénovation énergétique durable. 

La révolution numérique en renfort de la transition énergétique

L’innovation est un levier majeur de la transition énergétique. De nouveaux matériaux, plus efficaces et durables, sont ainsi utilisés par les entreprises du BTP. Cela concerne aussi bien l’éclairage, le chauffage et la climatisation des habitations et des immeubles de bureaux, que les transports. Des chaussées de nouvelle génération sont ainsi testées en ce moment à Paris, exploitant des enrobés innovants capables de réduire la température en ville et donc de limiter le recours à la climatisation en période de chaleur.

La technologie intervient également dans la gestion de la consommation. Les particuliers peuvent ainsi associer leur chaudière à des thermostats connectés, pilotés par AI et qui régulent la température dans toute la maison en fonction des habitudes et de la présence des membres de la famille. Ces dispositifs permettent de réaliser des économies allant jusqu’à 30% sans sacrifier le confort de vie.

Grande consommatrice d’énergie, l’automobile est également poussée vers davantage de tempérance énergétique. Les normes environnementales et les taxes sur les carburants plaident en faveur d’autos économes. Le phénomène de downsizing (utilisation de moteurs de moindre cylindrée) semble durablement engagé. Tous les constructeurs s’y mettent, y compris les marques premium qui n’hésitent plus à sacrifier quelques cylindres pour rester dans les clous des normes d’émissions de CO2.