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Du programme à la réalité

Le gouvernement va s’expliquer devant les commissions



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Après la Chambre, le gouvernement de Xavier Bettel précisera sa politique devant les commissions parlementaires. (Photo: Christophe Olinger)

À la demande du parti Déi Lénk, les membres du gouvernement vont entamer une tournée des commissions parlementaires pour expliciter leurs vues et préciser les finalités de l’accord de coalition.

Si Déi Lénk s’oppose à la politique du gouvernement sur le fond, il se montre davantage intéressé par l’idée de discussions plus ouvertes à la Chambre, dans l'esprit des partis coalisés. Et le projet en cours de laisser plus de temps de paroles aux petits partis ne lui déplaît pas.

«Le gouvernement a le mérite de dire les choses clairement, même si nous ne partageons pas son point de vue», déclare ainsi Serge Urbany, l’un des deux députés Déi Lénk. «Nous pourrons au moins avoir un vrai débat sur les questions importantes pour l’avenir du pays.»

Transparence affichée et exigée

Et son collègue et nouveau député Justin Turpel semble suivre le gouvernement dans sa volonté «d’ouverture, de responsabilité et de cohésion» telles qu'indiquées dans l’accord signé entre le DP, le LSAP et Déi Gréng.

L’élu de gauche a en effet déposé une motion, adoptée à main levée, lors de la séance plénière de ce mercredi 11 décembre. Son objet est d’inviter le nouveau gouvernement à venir s’expliquer devant chaque commission parlementaire durant les premières réunions à venir. Chaque ministre devra donc entamer, le cas échéant avec son secrétaire d'État, la tournée des commissions qui concernent son champ de compétences.

«Le programme du gouvernement n’est pas précis», note Serge Urbany. «Nous demandons dès lors des précisions dès le début.» En fait de précisions, il sera certainement demandé à l’exécutif de chiffrer certaines mesures ou d’estimer l’impact de ces décisions annoncées.

Juncker, Wiseler et Wolter signataires

Ironie de la politique, la motion qui nécessitait trois signatures de députés pour être déposée (en attendant que ne soit adopté, a priori la semaine prochaine, le principe d'un dépôt par un seul député en son nom personnel) a recueilli, outre celles de MM. Urbany et Turpel, les paraphes de Jean-Claude Juncker, ancien Premier ministre, Claude Wiseler, précédent ministre du Développement durable et des Infrastructures et du président sur le départ du CSV Michel Wolter.

Nul doute que ceux siègent désormais dans l’opposition ne manqueront pas de fournir des questions précises à la nouvelle majorité. Le premier pilier qui sera discuté de la sorte sera l'Éducation nationale, l'Enfance et la Jeunesse, le 18 décembre à 14 heures. Des ressorts gérés par le DP avec le ministre Claude Meisch et le secrétaire d’État André Bauler.