POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Intégration du CVCE dans l'Uni

«Le gouvernement n'a aucun concept»



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Le CVCE quittera le château de Sanem cet été pour rejoindre la Maison des sciences humaines de l'Université à Belval. Son déménagement était prévu dans le cadre des travaux de rénovation du vénérable édifice. (Photo: Licence CC)

La Chambre a entériné hier la dissolution du Centre virtuel de la connaissance sur l'Europe préalable à son intégration dans le futur Institut d'histoire du temps présent. Sans les voix du CSV qui conteste le laisser-aller du gouvernement dans ce dossier.

Si les débats en commission avaient été assez limités, la controverse quant à l'émergence d'un futur institut unique pour la recherche sur l'histoire contemporaine s'est manifestée en séance plénière à la Chambre mercredi.

Le CSV, par la voix de Serge Wilmes, a placé le gouvernement devant ses responsabilités. «Le gouvernement a inscrit l'idée de créer un institut d'histoire du temps présent dans son programme, c'est clairement un choix politique. Mais il se rend la tâche trop facile en demandant à l'Université de créer cet institut sans en avoir défini au moins les grandes lignes. Il n'a aucun concept.»

Serge Wilmes met en cause l'absence d'analyse préalable de la recherche sur l'histoire contemporaine. «Est-ce que les centres de recherche ne remplissaient plus leur mission ? A-t-on évalué leur travail ?», interroge le député. «On peut faire le choix de la fusion mais après avoir évalué la situation en toute connaissance de cause.» Il va donc lancer une interpellation au gouvernement afin d'obtenir un débat public lors de la prochaine session parlementaire.

Le projet de loi abrogeant la loi de 2002 qui avait institué le CVCE a finalement été adopté avec les 34 voix de la coalition DP-LSAP-déi Gréng et de déi Lénk, le CSV s'étant abstenu et l'ADR ayant voté contre.

L'institut en quête d'un directeur

Le CVCE fait partie des quatre centres de recherche voués à rejoindre le nouveau centre interdisciplinaire de l'Université qui verra officiellement le jour le 1er juillet prochain. L'IHTP réunira ainsi, en plus du CVCE, les centres de documentation et de recherche sur l'Enrôlement forcé et sur la Résistance et le Centre d'études et de recherches européennes Robert Schuman.

Le nouvel institut concentrera donc les efforts de recherche sur l'histoire contemporaine et l'histoire de la construction européenne avec une composante de taille dédiée à l'histoire digitale, forte des centaines de milliers de documents répertoriés par l'infrastructure numérique du CVCE.

Les effectifs du CVCE et des autres centres de recherche sont assurés de conserver leur poste. La loi votée mercredi prévoit également que la totalité des projets de recherche du CVCE passeront sous tutelle de l'Université au 30 juin. Au-delà de ces garanties, les contours du futur IHTP demeurent flous. L'Université doit publier dans les prochains jours l'appel à candidatures international destiné à pourvoir le poste de directeur de l'IHTP.