POLITIQUE & INSTITUTIONS

Investissements socialement responsables

Le Fonds de compensation se défend de boycotter Israël



Les firmes investissant dans les constructions en territoires occupés figurent sur la liste noire du Fonds de compensation. (Photo: archives paperJam)

Les firmes investissant dans les constructions en territoires occupés figurent sur la liste noire du Fonds de compensation. (Photo: archives paperJam)

Le Fonds de compensation commun au régime général de pension a mis à l’index huit sociétés israéliennes, dont les cinq principales banques de l’État hébreu, en raison de leurs investissements dans des constructions illégales dans les territoires palestiniens.

Les dirigeants du Fonds de compensation commun au régime de pension, qui gère l’argent des retraites légales au Luxembourg, ont été obligés de se défendre d’un boycott généralisé d’Israël. Dans une mise au point envoyé mercredi à la presse, Marc Fries, premier conseiller de direction du Fonds de compensation, a rappelé les règles de gouvernance des investissements définies depuis 2011 par le conseil d’administration et prévoyant de réserver les investissements à des sociétés socialement responsables. Le Fonds travaille avec un prestataire externe qui lui signale les sociétés ne respectant pas ses critères d’investissement et qui actualise régulièrement sa liste d’exclusion.

Cette liste comprend actuellement 61 sociétés internationales, parmi lesquelles huit sont israéliennes, dont les cinq premières banques de l’État hébreu qui financent les constructions dans les colonies israéliennes dans les territoires occupés.

L’exclusion de grandes banques israéliennes ne date d’ailleurs pas d’hier. En novembre 2011, lorsque une première liste a fait le tri des investissements, cinq sociétés d’Israël y apparaissaient déjà (Bank Hapoalim, Bank Leumi, Israël Discount Bank, Mizrahi Tefahot Bank et Elbit Systems). En novembre dernier, trois firmes ont été ajoutées à la liste originelle: First International Bank of Israël, Jerusalem Economy Ltd et Afi Group, toujours en raison de leur implication dans les constructions illégales dans les territoires palestiniens occupés.

«On ne peut pas parler d’un boycott d’Israël, car le Fonds de compensation a investi dans une vingtaine de sociétés israéliennes», a expliqué à paperjam.lu un des administrateurs du Fonds.

Par ailleurs, les banques Leumi et Hapoalim, pour ne citer que les plus importantes, ont pignon sur rue au Luxembourg.