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Législatives 2018

Le fair-play électoral se jouera aussi en ligne



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Si les campagnes électorales précédentes étaient marquées par le rôle des messages traditionnels, les législatives de 2018 devraient en partie se jouer sur les réseaux sociaux. (Photo: Licence C.C.)

Cinq des six partis représentés à la Chambre ont signé, ce jeudi, un accord définissant les pratiques jugées acceptables en vue des élections du 14 octobre prochain. Avec, comme nouveauté, une attention toute particulière portée aux réseaux sociaux.

L’élection de Donald Trump comme 45e président des États-Unis via, en partie, l’exploitation des données personnelles d’utilisateurs de Facebook aura des conséquences sur la campagne législative luxembourgeoise. Le traditionnel accord de fair-play politique, qui régit les règles communes entre les principales forces politiques du pays, met cette année l’accent sur la gestion des réseaux sociaux.

Si celui qui avait été signé pour les élections communales s’était heurté à la définition commune à donner aux termes «fake news», «hate speech» ou «social bot», l’écueil a été cette fois-ci dépassé. Puisque ADR, CSV, Déi Gréng, DP et LSAP se sont accordés sur les descriptions délivrées par Beesecure, centre luxembourgeois de sensibilisation et de formation au numérique.

Règles générales de bonne conduite

Concrètement, tous les partis signataires s’engagent notamment à «ne pas acheter des bases de données contenant des renseignements personnels ou demander à des tiers de les utiliser ou les acheter», à «ne pas demander et utiliser les listes électorales communales», ou bien encore à «renoncer à toute forme de ‘dirty campaigning’». Autant de notions applicables aux membres des partis signataires, mais aussi «à leurs éventuels partenaires de campagne». «Ce sera le cas pour les soutiens de l’initiative ‘Wee2050-Nee2015’», assure Alex Penning, secrétaire général de l’ADR, interrogé jeudi sur ce point en conférence de presse.

Comme prévu, le texte reprend les règles générales de bonne conduite déjà signées par le passé, comme s’abstenir «de toute forme de dénigrement personnel et d’insulte, en particulier sur les réseaux sociaux», de ne pas «interférer dans l’organisation des réunions électorales des autres partis et de ne pas participer à de telles interférences de la part de tiers» ou de renoncer à «demander à leurs membres de ne pas enlever ou endommager les affiches des autres partis». Des règles jugées «élémentaires» par Déi Lénk, seul parti représenté à la Chambre qui a refusé de signer ce document considéré comme «hypocrite».

Un compromis trouvé entre cinq partis.

Laurent Zeimet, secrétaire général du CSV

D’une durée totale de cinq semaines, à compter du 10 septembre, la campagne électorale se fera via une limite de 75.000 euros pour les envois de tracts par la poste. Les partis s’engagent également à limiter le nombre de spots télévisés et à «ne pas faire de publicité supplémentaire sur RTL Télé Lëtzebuerg et RTL Radio Lëtzebuerg». Les affiches dans les transports publics et sur les panneaux d’affichage payants sont également exclues. À noter enfin que le nombre de grandes affiches de campagne au bord des routes a été limité à 140 et que le nombre de gadgets au nom des candidats reste limité à un stylo et un autre accessoire.

En revanche, aucune limite n’a été fixée en ce qui concerne les budgets dédiés aux messages électoraux sur les réseaux sociaux, puisque l’accord signé «reste un compromis trouvé entre cinq partis», a martelé Laurent Zeimet, secrétaire général CSV. Pour les élections communales, cet aspect de la campagne avait bénéficié d’un budget encore modeste, il devrait être bien plus important pour ces législatives, sans qu’aucun chiffre ne soit ouvertement évoqué. Tout en prenant bien soin de rester dans les clous du RGPD, en vigueur depuis le 25 mai dernier. Quoi qu’il en soit, le texte signé jeudi l’a été par les cinq signataires avec des stylos aux couleurs de leur parti, preuve une fois de plus de l’importance de l’image.