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Recrutement de jeunes profils

Le diplôme, ce sésame pour une carrière dans la Place



Deloitte était l’une des 120 entreprises présentes à l’événement Unicareers, le salon de recrutement de l’Université du Luxembourg, le 23 septembre dernier. (Photo: Michel Brumat / archives)

Deloitte était l’une des 120 entreprises présentes à l’événement Unicareers, le salon de recrutement de l’Université du Luxembourg, le 23 septembre dernier. (Photo: Michel Brumat / archives)

L’année dernière, EY Royaume-Uni a décidé de ne plus prendre en compte dans son processus de recrutement les qualifications académiques des candidats. Au Luxembourg, les grandes sociétés d’audit se disent ouvertes, mais restent très attachées au parcours universitaire.

Le constat d’EY Royaume-Uni est simple: il n’y a aucune relation entre les bons résultats universitaires d’un candidat et sa réussite professionnelle. Depuis 2016, l’entreprise a donc décidé de ne plus prendre en compte ce critère pour ouvrir ses portes aux profils qui sortent des clous. L’entreprise recrute en moyenne 200 jeunes diplômés tous les ans.

Un pari osé qui fait écho dans la Place et plus particulièrement chez les grands cabinets d’audit, où le taux annuel de turnover avoisine les 20%. Leurs politiques de recrutement restent toutefois prudentes, même si chacun s’accorde à dire que le «capital humain» d’un candidat et ses «compétences comportementales» sont de plus en plus attentivement étudiés. «Notre politique de recrutement repose sur l’implication humaine, l’ouverture et la transparence», confirme Marc Schernberg, people leader chez PwC Luxembourg, qui emploie plus de 2.500 personnes.

Chez KPMG Luxembourg, 1.500 employés, on utilise de plus en plus des méthodes de recrutement alternatives. «Nous privilégions une expérience candidat sur un ou deux jours pour chercher à évaluer les compétences comportementales et de s’en imprégner», explique Géraldine Hassler, la directrice des ressources humaines du cabinet d’audit installé le long du boulevard Kennedy.

On ne joue pas avec l’excellence

Alors qu’à Londres, EY considère que la performance académique n’est plus considérée comme un critère pour dépister les étudiants qui pourraient devenir de futurs collaborateurs, au Luxembourg le diplôme reste un élément-clé dans la motivation de la décision finale. «Nous devons garder à l’esprit que de par la nature de nos métiers d’audit et de conseil, nous sommes contraints de respecter les prérequis du métier et les attentes de nos clients», confirme Norman Moreau, senior manager au sein du département RH chez Deloitte Luxembourg, qui emploie 1.740 salariés.

Même son de cloche chez KPMG, où l’on affirme que le marché et la culture au Royaume-Uni sont différents. «Nous n’allons pas faire de distinction quant à l’université dans laquelle le candidat a validé son cursus, comme c’est le cas en France, mais nous restons attachés au diplôme et à l’expérience pratique à l’international», détaille Géraldine Hassler. Et de préciser: «Nous restons persuadés qu’un cursus adéquat reste un bon élément pour une carrière chez nous.»

Chez PwC, c’est «l’excellence» attendue par les clients qui pèse le plus sur le choix final. «Cela nous amène à établir des critères clairs de sélection pour les postes à pourvoir, y compris en termes de bagage académique», indique Marc Schernberg.

EY Luxembourg a été contacté, mais n’a pas voulu répondre à nos sollicitations.