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Représentation des étrangers

Le CNE attendu au tournant



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La présidence mise sur l’«efficacité», avec la fixation d’objectifs pour 2018 et une responsabilisation des différentes commissions. (Photo: Jenna Theis / Maison Moderne)

Le Conseil national pour étrangers récemment constitué veut repartir sur de bonnes bases et surmonter un passé tumultueux.

Héritier du Commissariat du gouvernement aux étrangers né en 1993, officiellement créé en 2008, le CNE aurait pu devenir un organe incontournable dans un pays dont la proportion de résidents étrangers dépasse les 47%. Force est de constater qu’il se cherche toujours. Si l’équipe sortante a essuyé de nombreuses critiques, les mandats précédents ne faisaient pas non plus l’unanimité. Avec comme principales victimes les résidents étrangers confrontés à un porte-voix défaillant, particulièrement lors du référendum de 2015.

2017 devait être l’année du renouveau, avec de nouvelles élections en juillet. Sauf que l’élan donné par l’arrivée de chair fraîche a quelque peu été douché par l’interminable attente de la nomination des représentants de corps constitués (patronat, syndicats, société civile, Syvicol et un représentant des réfugiés). Ce n’est que fin janvier 2018 que la ministre de la Famille, Corinne Cahen (DP), a pu signer l’arrêté de nomination définitif.

Six commissions

Mais depuis, le nouveau CNE semble déterminé à se mettre à l’ouvrage. Le président et la vice-présidente élus fin janvier, Franco Avena et Claire Geier-Courquin, ont planché sur la structuration du CNE, et la création de six commissions a été adoptée fin février: liaison avec les commissions consultatives communales d’intégration; migrants et frontaliers; réfugiés et demandeurs de protection internationale; jeunes, éducation et formation continue; participation civique et liaison avec les associations; et enfin, seniors. «Nous avons choisi des sujets qui adhèrent au plus proche de la vérité du pays», souligne M. Avena. La réunion du 28 mars devait entériner la composition de chaque commission, dont le rapporteur entrera de fait dans le bureau du CNE.

La présidence mise sur l’«efficacité», avec la fixation d’objectifs pour 2018 et une responsabilisation des différentes commissions. «Les commissions vont étudier et élaborer les différents sujets et les remonteront à la présidence, qui les soumettra à la réunion plénière», poursuit M. Avena. D’autres groupes de travail devraient également voir le jour, par exemple pour s’occuper de la communication interne et externe du CNE, de la problématique des binationaux, ou encore des langues.

Et le calendrier s’accélère, avec un premier avis sur le Plan d’action national pluriannuel d’intégration, sollicité par l’Olai (Office luxembourgeois de l’accueil et de l’intégration, ndlr) fin janvier pour la mi-mars. Signe que le ministère de la Famille et de l’Intégration veut faire bonne figure. Corinne Cahen (DP) a d’ailleurs donné son feu vert au CNE pour qu’il soumette ses propositions d’amélioration de son fonctionnement, selon sa réponse à une question parlementaire du député David Wagner (Déi Lénk). Une nouvelle chance pour le CNE de prendre son destin en main et d’offrir aux résidents étrangers une vraie place dans le paysage politique luxembourgeois, en attendant qu’un gouvernement courageux se ressaisisse de la question de leur droit de vote.