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Dans le land

Le chagrin des permanents patronaux



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Les journalistes du Land se sont penchés sur les deux jours de congé supplémentaires. (Photo: d'Lëtzebuerger Land)

Chaque semaine, Paperjam.lu vous propose de découvrir les grands dossiers qui font la une du Lëtzebuerger Land. Cette semaine, le Land revient sur la désillusion des organisations patronales.

Dans les organisations patronales, c’est la grande désillusion: le gouvernement ferait preuve de «mépris» et serait «déconnecté» des réalités économiques. Tous suivraient la logique des syndicats, même le DP qui aurait dérivé «à gauche». Le Luxembourg serait devenu un «Gewerkschaftsstat». Or, on entend peu d’autocritique de la part des permanents patronaux, qui se disent dépassés par l’OGBL et sans relais politiques. Le Land a mené l’enquête.

Presque deux jours de congé supplémentaires

Après que le LSAP eut promis, pendant la campagne électorale, la semaine de 38 heures et une sixième semaine de congé légal, le gouvernement donna vendredi dernier son feu vert à un projet de loi beaucoup moins ambitieux, qui devrait accorder un jour de congé légal et un jour férié supplémentaires, la «Journée de l’Europe», le 9 mai.

Cette réforme profitera surtout aux salariés dont les conditions de travail ne sont pas réglées par contrat collectif, car le congé légal est un minimum dépassé entre-temps par nombre de contrats collectifs. Longtemps, le mouvement ouvrier s’est concentré sur une réduction de la journée de travail et les premières journées de congé payé ne furent accordées qu’après la Première Guerre mondiale, en 1919 aux employés, et en 1926 aux ouvriers.

Une fois dans la vie

Donner, une fois pendant une carrière professionnelle, accès aux indemnités de chômage aux salariés ayant eux-mêmes résilié leur contrat de travail, figurait dans le programme électoral du DP. Le gouvernement a repris cette idée dans l’accord de coalition, sous réserve toutefois de vouloir d’abord en «étudier» la portée. Pour l’instant, il semble que seul le DP souhaite une telle ouverture.

Les syndicats la dénoncent comme brèche potentielle par laquelle un employeur pourrait faire pression sur un salarié pour qu’il démissionne. Les patrons, de leur côté, suspectent que le gouvernement ait l’intention de créer «encore une mesure pour un travail à la carte». Et le ministre du Travail, Dan Kersch, le socialiste avec un instinct toujours très politique, insiste: «En général, nous n’avons pas besoin d’un tel changement.»