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JUSTICE

Tribunal administratif

Le «cas» Weidenhaupt plaidé devant les juges



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Le verdict dans l’une des procédures disciplinaires engagées contre Christiane Weidenhaupt doit être rendu dans les prochaines semaines. (Photo: Luc Deflorenne / archives)

Plus d’un an après son limogeage à la tête de la Direction de l’aviation civile (Dac), le sort de Christiane Weidenhaupt a été présenté devant les juges du tribunal administratif. Enjeu: la validité des accusations de conflit d’intérêts portées au sein de son ancienne administration.

Bien qu’absente lundi matin de la salle du tribunal administratif, Christiane Weidenhaupt, actuelle secrétaire générale du Comité économique et social de la Grande Région, était une nouvelle fois au cœur des échanges. Depuis son limogeage à la direction de la Dac, en janvier 2015, le haut fonctionnaire se trouve au centre de plusieurs procédures disciplinaires, qu’elle conteste toutes.

Selon Me Bauler, avocat de Christiane Weidenhaupt, les faits qui sont reprochés à sa cliente relèvent «d’accusations gravissimes» qui résultent d’une «démarche injuste» issue «de manœuvres de personnes qui ont raclé les fonds de tiroir». En clair, l’avocat dénonce «la chasse» qui serait perpétrée à l’encontre de sa cliente de la part de «certains membres» de l’administration. Une accusation volontairement floue qui pourrait aussi bien englober les subalternes de l’ancienne directrice de la Dac que des fonctionnaires du ministère du Développement durable et des Infrastructures ou de la Fonction publique.

Conflits d’intérêts au sein de la Dac

Car ce qui est reproché à Christiane Weidenhaupt tiendrait, selon Me Bauler, dans les démarches entreprises au cours des six mois de la présence de sa cliente à la tête de la Dac, où plusieurs conflits d’intérêts ont été dénoncés. C’est ce rôle de ce que l’avocat qualifie de «lanceur d’alerte» qu’il a donc plaidé, lundi, devant les juges du tribunal administratif. Un rôle qu’a sans surprise récusé la déléguée du gouvernement, arguant du non-respect des procédures administratives de Christiane Weidenhaupt.

Pour rappel, le haut fonctionnaire avait été recruté par le ministère du Développement durable et des Infrastructures avec pour mission de réorganiser la Dac, administration en charge de la régulation du secteur aérien. Ancienne directrice du service des aides d’État du ministère de l’Économie, passée par l’Inspection de la concurrence et la cellule anti-blanchiment du Parquet, Christiane Weidenhaupt avait pointé du doigt la présence de plusieurs des fonctionnaires de son administration au sein du CA de Lux-Airport, société privée gestionnaire de l’aéroport.

Et donc mis au jour un conflit d’intérêts pour des fonctionnaires censés assurer la neutralité de l’instance de régulation par rapport aux instances que la Dac contrôle. Une réalité qui avait abouti notamment à une réorganisation de l’administration, après la publication d’un rapport externe. Selon Me Bauler, le haut fonctionnaire se dit «extrêmement déterminée» et «prête à aller jusqu’à Strasbourg», devant la Cour européenne des droits de l'Homme, en cas de jugement défavorable au Luxembourg. Le verdict est attendu au printemps.