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Laurent Wauquiez: «Une Europe sans le Luxembourg»



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Laurent Wauquiez semble connaître la réalité luxembourgeoise par le petit bout de la lorgnette. (Photo: BFM TV)

Le député français et vice-président de l’UMP veut recentrer le projet européen autour de six pays, mais sans le Luxembourg qu’il qualifie d’artificiel. Tollé côté luxembourgeois.

Si Laurent Wauquiez a choisi d’utiliser formules et autres phrases choc pour débuter la promotion de son ouvrage «Europe, il faut tout changer», c’est plutôt réussi. Si le député UMP de la Haute-Loire et vice-président du parti a choisi de faire dans la nuance, c’est plutôt raté.

Invité jeudi de BFM TV/RMC il a détaillé sa vision de l’Europe d’aujourd’hui ou plutôt constaté le blocage de la construction d’un projet commun et cohérent à 28 pays. Voulant conserver l’euro, Laurent Wauquiez veut cependant faire repartir l’aventure européenne autour d’un «noyau dur», selon ses termes.

Luxembourg, sans tissu économique

«Il faut reconstituer le noyau européen autour de six pays: l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Belgique, les Pays-Bas et la France. Aux autres, il faut leur expliquer qu'ils ne fonctionnent pas au même rythme. C'est valable pour la Grande-Bretagne, l'Irlande ou la Roumanie.»

En l’interrogeant sur l’absence du Luxembourg, pays fondateur, le journaliste Jean-Jacques Bourdin s’est vu répondre que le «Luxembourg est devenu un paradis fiscal dans lequel il n’y a plus un tissu économique et industriel et qui est en fait devenu un pays très artificiel».

Goerens consterné

À l’approche des élections européennes, les propos n’ont pas manqué de faire réagir côté luxembourgeois. L’eurodéputé Charles Goerens (DP), indigné, s’est ainsi fendu d’un courrier dans la même journée à l’attention du président du parti de M. Wauquiez, Jean-François Copé.

«J’ose espérer qu’il s’agit d’un point de vue strictement personnel et isolé au sein de votre formation politique», s’interroge Charles Goerens.

Il conviendra en effet au parti de préciser sa position officielle alors que cette sortie suscite aussi un certain malaise parmi des élus UMP lorrains connaissant la réalité du Luxembourg.

Au-delà du sort peu reluisant réservé au Grand-Duché dans cette interview, l’impact de ce type de discours remettant en question la construction européenne via le repli sur soi devra être mesuré à l’aune du résultat des partis eurosceptiques au sortir des urnes, le dimanche 25 mai.