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À la découverte de l’Asie

Larguer les amarres et redécouvrir son métier



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Lors de son long séjour en Inde, Sarah a appris à enseigner le yoga. Pour partager sa passion, elle donnera des cours cet été au Kyosk, situé derrière la piscine de la Coque. (Photo: Tamil Nadu)

Journaliste durant plus de dix ans, Sarah Cattani a décidé l’an passé de tout quitter pour faire le tour du monde. Un an et demi plus tard, elle a parcouru cinq pays, logé dans une quarantaine d’endroits, rencontré toute sorte de voyageurs et est devenue prof de yoga. Fraîchement de retour, elle pense déjà à l’Amérique du Sud.

Diplômée en journalisme de l’Université de Metz, Sarah Cattani démarre sa carrière chez Eldoradio comme journaliste et présentatrice. Après quelques années, elle rejoint RTL où elle anime, produit et réalise reportages et émissions. «C’est un métier qui est profondément en moi. Je l’ai dans mon ADN», explique la jeune Luxembourgeoise.

Mordue de voyages depuis toujours, elle a notamment sillonné le Vietnam toute seule à 24 ans, et profite de chaque moment libre pour découvrir de nouveaux endroits. «Dès mon plus jeune âge, j’ai aimé être en contact avec différentes cultures.» Début 2015, c’est le déclic. Elle quitte son job et décide de partir pour l’Asie sans billet de retour. Le 1er février, munie d’un sac à dos d’une vingtaine de kilos, elle décolle pour l’Inde avec l’idée de faire le tour du monde en passant par l’Australie et l’Amérique du Sud. «J’avais envie de vivre la vie du voyageur de longue durée. Sans congés à respecter ni de vol à prendre, le rapport au voyage est très différent.»

La globe-trotteuse passe finalement plus de temps que prévu en Inde, pays qu’elle parcourt de long en large, et choisit de rester en Asie du Sud. «J’ai découvert la vie sans planning et le voyage à l’instinct. Déconcertante au départ, tout comme le fait d’avoir sa vie qui tient dans un sac à dos, j’ai trouvé l’expérience libératrice. J’ai appris que la vie c’est maintenant, pas demain ou l’année prochaine. C’est profiter de l’instant présent et trouver des raisons d’être heureux tous les jours», partage Sarah Cattani.

Au gré des rencontres, elle voyage ainsi en Thaïlande, en Malaisie, en Indonésie et au Sri Lanka, avant de retourner en Inde où elle passe plusieurs mois, fait du théâtre et suit une initiation pour devenir professeur de yoga. En quelques chiffres, lors de la première partie de son voyage, elle a atterri dans 15 aéroports, fait dix longs trajets en train, pris 12 bus et fait sept voyages en bateau. Sur les 18 mois, elle a acheté huit cartes Sim pour rester connectée et a logé dans une quarantaine de lieux différents.

Elle a passé entre une nuit et deux mois au même endroit et a connu des variations de température entre 4 degrés la nuit dans l’Himalaya et 48 degrés. «J’ai voyagé dans des conditions modestes, avec les moyens du bord, sans check-list et en prenant le temps», dévoile la journaliste. «Je dépensais l’équivalent de 27 euros par jour en tenant compte des avions, de l’hébergement ou des visas, beaucoup moins que ce que j’avais prévu.»  

Transmettre des histoires

Dès le départ, Sarah Cattani choisit de tenir un blog pour partager ce qu’elle vit avec son entourage. Si les six premiers mois, pour mieux profiter du voyage, elle ne touche pas à la caméra qu'elle a emporté, très vite, l’envie de raconter à nouveau des histoires se fait sentir. «La vidéo et l’écriture font partie intégrante de ce que je suis. Ces 18 mois, j’ai appris à voir mon métier autrement.» 

Au total, elle a conçu 11 reportages radio pour plusieurs stations luxembourgeoises, réalisé un reportage TV diffusé sur RTL consacré à Suhasini Maniratnam, une actrice bollywoodienne, devenue ambassadrice de cœur du Luxembourg, et fait un documentaire sur le photographe Kiran Kreer, sans oublier des milliers de photos.

Voyager durant des mois, ce n’est pas forcément boire des cocktails sur une plage!

Sarah Cattani

«J’ai continué mon métier en free-lance. Voyager durant des mois, ce n’est pas forcément boire des cocktails sur une plage! C’était une manière pour moi de partager ce que je vivais, mais aussi de garder un lien avec le Luxembourg, mon pays d’origine et mes racines, là où j’ai grandi. J’ai d’ailleurs rencontré une vingtaine de Luxembourgeois en voyage, ce qui est beaucoup vu la taille du pays !»

J’ai envie de continuer à montrer comment vivent les gens ailleurs.

Sarah Cattani

De retour depuis une semaine, la voyageuse envisage déjà de repartir à nouveau. Après un été à parcourir l’Europe pour rendre visite à des amis et des cours de yoga accessibles à tous et ouverts aux donations au Kyosk situé derrière la Coque durant le mois d’août, elle envisage de repartir en Amérique du Sud, notamment en Bolivie, à nouveau sans billet de retour. Mais toujours avec une caméra et un appareil photo. Et Sarah Cattani de résumer : «La première question que les gens m’ont posée à mon retour, c’était : combien de temps tu restes? J’ai envie de continuer à montrer comment vivent les gens ailleurs, transmettre ce que j’apprends et partager avec d’autres.»