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Moyen-Orient

L’Arabie saoudite coupe le pipeline avec le Qatar



La capitale du Qatar, Doha, se réveille ce mardi coupée d'une partie de ses voisines. (Photo: Licence CC)

La capitale du Qatar, Doha, se réveille ce mardi coupée d'une partie de ses voisines. (Photo: Licence CC)

Le Qatar se retrouve isolé suite à la volonté de l’Arabie saoudite de rompre ses relations diplomatiques en raison de soupçons de soutien du terrorisme. Les frontières entre les deux pays sont aussi fermées.

L’Arabie saoudite a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec son petit, mais puissant voisin qu'est le Qatar, soupçonné de soutenir et financer des organisations terroristes.

La décision prise ce lundi a surpris beaucoup d’observateurs par son caractère inattendu et par sa forme, celle d’une coalition contre l’État de 11.586km2 et quelque 2,5 millions d’habitants.

L’Arabie saoudite a été rejointe par Bahreïn, les Émirats arabes unis et l’Égypte.

Outre la fin des relations diplomatiques, l’Arabie Saoudite a fermé ses frontières terrestre, maritime et aérienne avec son voisin, allant de pair avec des mesures de rétorsion économique, dont la suspension des vols des compagnies régionales aériennes vers Doha. L’importation de certains biens de consommation a d’ores et déjà cessé, en cette période particulière qu’est celle du ramadan. Sur place, des habitants se sont précipités dans les supermarchés pour effectuer des réserves. 

Un investisseur expansionniste

Organisateur de la coupe du monde de football de 2022, le Qatar est aussi un important investisseur à l’étranger. 

Il détient ainsi, via son fonds d’investissement souverain - Qatar Investment Authority - 17% du capital de Volkswagen et 10% de l’Empire State Building de New York. 

En France, son actif le plus emblématique est dans le football, avec depuis 2011 le club du Paris Saint-Germain. Il détient aussi la chaîne de télévision beIN sport France ou encore une participation majoritaire du groupe AccorHotels. L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy est entré récemment à son conseil d’administration.

Un partenaire dérangeant?

Intervenant sur RTL en radio, le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn estime que l’Union européenne doit œuvrer pour le dialogue entre l’Iran et l’Arabie saoudite.

Pour le Luxembourg, le Qatar est un partenaire financier régulièrement visité, comme lors de missions économiques et financières. S’il fut à bord du capital de Cargolux, l’État qatari est représenté sur la Place via deux banques qu’il a acquises en 2011: la Bil et KBL epb, avec des retours d’ores et déjà intéressants, dans un cas comme dans l’autre.

Qatar Airways a quant à elle fait du Findel un hub majeur pour ses routes européennes en matière de fret aérien.

Mis au ban par ses voisins, le Qatar est-il un partenaire encombrant? Sa présence a d’ores et déjà été sujette à des échanges politiques.

Mais le Qatar représente aussi des opportunités d’exportation du savoir-faire luxembourgeois, à l’instar du chantier des infrastructures ferroviaires nécessaires à la coupe du monde de football de 2022. Un chantier estampillé Paul Wurth.