POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Le cours «Vie et société» divise plus que jamais

L’AHA n’a aucune foi en Fir de choix



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Laurent Schley: «L’objectif final de Fir de choix et de ses responsables est de tenter de conserver un pouvoir archaïque.» (Photo: Christine Da Felicidade)

La prise de position de l’association catholique Fir de choix contre la «minorité bruyante» qui a contesté la présence de représentants des cultes dans l’élaboration du futur cours d’éducation aux valeurs a fait réagir à son tour l’Alliance des humanistes, athées et agnostiques (AHA) qui parle d’une approche «agressive et intolérante».

L’Alliance des humanistes, athées et agnostiques (AHA) a tenu à réagir à la prise de position, la semaine passée, de l’association Fir de choix qui a qualifié de «protestations polémiques et antireligieuses» les critiques émises par la «minorité bruyante» du syndicat des enseignants SEW quant à la présence de représentants des cultes dans le processus d’élaboration du futur cours d’éducation aux valeurs – dénommé Vie et société – destiné à remplacer ceux de religion et de morale dans l’enseignement fondamental et secondaire.

Pour l’AHA, membre du Cercle de coopération des associations laïques, il s’agit là d’une approche «agressive et intolérante» de l’association Fir de choix, «téléguidée par l’archevêché», vis-à-vis de ceux qui ne partagent ni ses vues ni ses croyances.

Selon Laurent Schley, président de l’AHA, le seul objectif pour Fir de choix est de «torpiller la décision du gouvernement de remplacer les deux cours de religion et de morale par un cours unique d’éducation aux valeurs».

Des enfants manipulables

«Sous le prétexte que 70% des enfants suivent actuellement le cours de religion dans le fondamental – un choix qui est d’abord celui de leur parents –, ces personnes font tout pour maintenir un enseignement de ‘valeurs’ religieuses dans le futur cours unique», poursuit-il.

«Mais s’ils tiennent tant à cette formation, et puisque l’Église catholique en a largement les moyens financiers, rien ne les empêche d’organiser des cours de religion en dehors de l’école, lors d’après-midi libres ou le dimanche après la messe», note encore le président de l’AHA, qui doute cependant du succès d’une telle initiative.

«Jamais personne n’ira suivre ces cours», dit encore Laurent Schley. «D’où la nécessité pour ces personnes de maintenir ces cours à l’école, à destination d’enfants – surtout dans le fondamental – qui sont encore facilement influençables et manipulables.»

Selon lui, l’objectif final de Fir de choix et de ses responsables est de tenter de conserver «un pouvoir archaïque» afin d’éviter «que leur fonds de commerce ne disparaisse au profit d’une société plus ouverte sur le monde».

L’AHA en appelle dès lors au gouvernement pour «qu’il ne se laisse pas influencer ni mettre la pression de manière inutile par ces activistes catholiques».