PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Conférence

L’Afrique se vend sous un autre jour



Olivier Coekelbergs et Aïssata Coulibaly. (Photo: Nader Ghavami)

Olivier Coekelbergs et Aïssata Coulibaly. (Photo: Nader Ghavami)

EY Luxembourg et LuxAfrica mettent le continent africain sous les projecteurs ce jeudi autour du projet «Boost Africa» de la Banque européenne d’investissement et de son homologue africaine, en faveur des investissements dans ce continent.

«54 pays, une classe moyenne de 350 millions de consommateurs.» Aïssata Coulibaly tient à recadrer l’image de l’Afrique, en prélude à la conférence sur ce continent qui est aussi un grand marché – en devenir dans certains pays – et organisée ce jeudi dans les locaux d’EY. 

L’événement a pour objectif de jeter les bases de relations d’affaires entre des investisseurs européens et des porteurs de projets en Afrique, qu’ils soient issus du secteur public ou privé.

«Les gouvernements africains ont besoin d’importants moyens financiers pour réaliser leurs plans», note Aïssata Coulibaly, senior manager au sein du cabinet. «Cela ouvre de nombreuses opportunités aux investisseurs dans l’industrie du PE et du VC. Les opportunités sont concrètes.»

Rendre visibles ces opportunités et échanger sur les expériences concrètes doit permettre de lever certains freins, selon les organisateurs, qui voient dans ce continent un potentiel important à l’échelle des prochains mois, des prochaines années. 

«Il va y avoir une accélération de l’activité d’investissement private equity en Afrique», estime Olivier Coekelbergs, private equity leader chez EY Luxembourg. «Le focus sur le continent africain n’était pas encore aussi présent qu’aujourd’hui, mais les investisseurs sont attirés notamment par leur besoin de trouver des deals qui soient profitables, qui permettent de leur donner du retour. Ils élargissent leurs horizons.» 

L’assurance de la BEI

S’adressant tant aux acteurs du private equity qu’aux venture capitalists, l’événement est organisé avec le concours de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui joue un rôle de facilitateur dans le montage de fonds avec des partenaires privés ou publics – européens ou africains – destinés à financer des projets en Afrique. Cette initiative baptisée «Boost Africa» est menée en étroite collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD).

BEI et BAD apportent donc leur crédit dans un marché où les contacts locaux sont par ailleurs importants. «Il faut avoir les bons partenaires, aller sur place», ajoute Olivier Coekelbergs. «Trouver ces partenaires, créer des structures en local nécessite du temps, de l’investissement, mais le retour peut être à la hauteur, voire au-delà, des attentes lorsqu’on consacre le temps et les efforts nécessaires.»

«Un narratif positif»

Un écosystème private equity et VC en construction, des opportunités d’investissement socialement responsables, des projets cruciaux à financer tant en termes d’infrastructures que de gestion de la transition énergétique, l’Afrique veut proposer une autre histoire aux investisseurs. 

«Notre objectif est de présenter un narratif africain positif», ajoute Aïssata Coulibaly, cette fois en tant que membre du comité exécutif de LuxAfrica. Une association née en 2014, de l’initiative de professionnels de la finance et du droit qui souhaitent développer, en collaboration avec la Chambre de commerce, les liens économiques entre le Luxembourg et l’Afrique.  

«Nous pouvons présenter l’Afrique comme un continent ayant de nombreuses opportunités, car de nombreux investisseurs sont encore frileux. Force est de constater que l’Afrique est encore victime d’idées préconçues», note Aïssata Coulibaly. 

Un continent où beaucoup reste à faire pour assurer un niveau et des conditions de vie semblables et décents à toute la population. Des défis qui représentent aussi une possibilité d’investir, avec un véritable souci de la finalité et de l’humain.