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Parution

L’abus, c’est les autres



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La nouvelle édition de l’hebdomadaire politique, économique et culturel Lëtzebuerger Land est en kiosques dès vendredi. (Photo: Land)

Le Lëtzebuerger Land revient cette semaine sur la situation des travailleurs intermittents au Luxembourg, sur les dérapages lors des discussions sur le semestre européen et sur la notion de liberté qui, trois mois à peine après «Je suis Charlie», semble oubliée.

«Le marché s’autorégule, affirme le producteur de cinéma Paul Thiltges. Nous n’avons pas de problème tant que les gens qui travaillent pour nous n’ont pas de problème.» Le 26 février, la Cour européenne de justice a émis un arrêt contre le Luxembourg, lui reprochant de ne pas fournir assez de garanties de protection des travailleurs intermittents dans son droit du travail, un arrêt qui a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le secteur du spectacle, qui emploie quelque 800 personnes. «S’agissant d’un arrêt de la Cour, nous devons adapter notre législation, il n’y a pas d’alternative à cela», concède le ministre du Travail Nicolas Schmit (LSAP), qui veut se concerter avec les intéressés et le ministère de la Culture afin de trouver une solution qui ne soit «pas moins favorable» aux professionnels. Sur le terrain, c’est la perplexité: la Commission s’est autosaisie dans ce dossier, il n’y a pas eu de plainte ou d’abus connus. Au quotidien, les intermittents négocient leurs contrats au cas par cas.

#CES #Fail

La tentative a échoué lundi après-midi à la Chambre de commerce. Après les accords en bipartite, les discussions sur le semestre européen avec au cœur les orientations budgétaires pour l’année à venir dans le cadre du Conseil économique et social (CES) devaient servir de nouveau point de départ pour un dialogue social à trois. Mais les patrons, peinant à justifier leur demande pour plus de réformes structurelles et réductions de dépenses au vu de la bonne situation conjoncturelle et budgétaire, ont lancé des attaques puériles et personnelles contre le président de l’OGBL André Roeltgen. Les partenaires sociaux demandaient à ce que leurs contributions soient considérées lors de la rédaction des programmes nationaux de réforme (PNR) et de stabilité et de croissance (PSC). Mais en fait, il est trop tard, parce que le calendrier veut que celle-ci soit quasiment terminée à l’heure actuelle. Le Premier ministre Xavier Bettel (DP) soulignait que son gouvernement ne faisait pas des économies pour faire des économies, alors que son ministre des Finances Pierre Gramegna (DP) et le document de préparation rédigé par ses services prouvent le contraire.

Et vive la liberté!

«Nous sommes tous Charlie!» – ce slogan était omniprésent après la sanglante attaque contre l’hebdomadaire satirique français, le 7 janvier. Au Luxembourg, il y a aussi eu des manifestations de solidarité spontanées, des politiciens, des journalistes et des citoyens se rassemblant pour défendre le droit fondamental de la liberté d’expression et la liberté de la presse. Trois mois plus tard, les leçons semblent déjà oubliées. Le gouvernement est sous pression, le ton politique est devenu rude. Les politiciens accusent leurs critiques et les adversaires politiques et n’hésitent pas à questionner leur droit de s’exprimer. Or, comme la politique, la Justice, pourtant gardienne des droits de l’Homme, semble n’avoir pas vraiment compris l’importance de la liberté d’opinion et d’information pour une démocratie libre et stable. La condamnation d’un politicien, qui avait commenté l’affaire du Srel sur son blog privé, montre bien que les droits fondamentaux ne sont pas garantis, même pas dans un état de droit.

Land

La nouvelle édition de l’hebdomadaire politique, économique et culturel d'Lëtzebuerger Land est en kiosques dès vendredi.