PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Un fintech adviser et un cluster

L'ABBL déroule son agenda fintech



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Premier fintech adviser de l'ABBL, Andrey Martovoy sera chargé de donner de la substance au cluster «digital banking and fintech innovation». (Photo: ABBL)

Au début de l’année, l’ABBL annonçait l'imminent recrutement d'un fintech adviser. Choisi après des mois de sélection, Andrey Martovoy, alors chercheur au List, a pris sa fonction au 1er février. Sa première mission: faire vivre le tout nouveau cluster fintech, huitième de l’association.

La curiosité de la Place pour les technologies financières ne cesse de s’aiguiser, en témoignent les nombreuses conférences consacrées au sujet depuis un an, le projet en chantier de la Luxembourg house of financial technology (Lhoft) portée par Luxembourg for Finance ou encore la création du cluster «Digital banking and fintech innovation» dans le giron de l’ABBL et présidé pour une durée de deux ans par Jean Hilger, CIO de la BCEE et figure bien connue de la Place.

«En 2014, tout le monde parlait de fintech et de la disparition potentielle des banques», cadre Marc Hemmerling, membre du management board de l'ABBL et qui assure la gestion opérationnelle de ce nouveau cluster. «Nous avons souhaité passer à l’action, voir clair dans les changements en cours et avancer sur ces thématiques de manière pragmatique et avec des actions précises supportant nos membres dans la transformation radicale de leurs métiers.»

Outre la veille des nouvelles sociétés qui se créent, le cluster aura un volet «lobbying» et sera notamment chargé de monitorer les développements réglementaires pour le secteur, sur le plan luxembourgeois comme européen. Il compte déjà 44 membres et est composé de banques, mais aussi de prestataires de services de paiement, de gestionnaires d’infrastructures de marchés, de cabinet d’avocats et de consultants. Le premier groupe de travail compte démarrer ses travaux en mai.

Former les banquiers

Nouvelle étape dans l’intérêt de l’ABBL pour le secteur en ébullition des start-up financières: le recrutement d’un fintech adviser, qui viendra en renfort pour donner vie au cluster. C’est Andrey Martovoy, chercheur au List et spécialisé dans l’innovation financière depuis cinq ans, et avant cela web developer et designer durant dix ans, qui a été choisi. «Le fil rouge de mon travail sera de sensibiliser aux nouvelles technologies, comprendre les évolutions à l’œuvre et partager l’information», résume Andrey Martovoy. «C’est un métier de contacts. Je plancherai également à la création d’une base de données et une topographie précise des fintech et de leurs créneaux.»

Nous ne voulons pas seulement créer des fact sheets.

Marc Hemmerling, membre du management board de l'ABBL

Une tâche prioritaire était de définir un plan d’action pour aider les membres de l’ABBL à affiner leur approche en matière de transformation digitale. Le document, né des discussions, est déjà développé et devra servir de base de travail pour cette  année. «Nous ne voulons pas seulement créer des fact sheets ou des dépliants, mais aussi faire se rencontrer les uns et les autres afin qu'ils travaillent ensemble. Les projets qui se dégagent de ces rencontres pourront être développés et finalisés à l’intérieur de la future Lhoft», note Marc Hemmerling.

Les conférences ne suffisent plus à répondre au besoin d’information.

Andrey Martovoy, chercheur au List

Une coopération avec la House of Training est d’ores et déjà annoncée pour créer un cours dédié à des concepts phares comme l'utilisation de la blockchain dans le secteur bancaire, la sécurité des données ou les data analytics à destination des membres de l’ABBL. «Les conférences et workshops ponctuels ne suffisent plus à répondre au besoin d’information», souligne Andrey Martovoy. «La philosophie de ce cycle de cours qui sera donné par des professionnels est avant tout concrète. Nous voulons offrir de la valeur ajoutée directement utilisable.»

Autre mission transversale du fintech adviser: jouer le rôle de connecteur entre les nouveaux entrants sur le marché, qu’on estime à 70 sur le créneau de la digitalisation au Luxembourg, et les organisations de la finance plus établies. «Nombreux sont les acteurs traditionnels qui pensent que les fintech sont l’ennemi numéro un. Pourtant, elles créent de nouvelles opportunités, y compris pour les banques. Ainsi, beaucoup de start-up cherchent du financement, des soutiens pour la vente de leurs produits ou encore des conseils. Elles peuvent donc être des clients potentiels et des partenaires en puissance. À nous d’en faciliter les interactions», achève Marc Hemmerling.

In fine, le cluster, qui travaillera étroitement avec des acteurs comme l’Alfi, l'Aca, le SNT, le List et LFF, souhaite ainsi contribuer à créer une vraie communauté fintech, encore à ses prémisses aujourd’hui.