POLITIQUE & INSTITUTIONS
POLITIQUE

Post-scriptum

La transparence et après?



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(Photo: Sven Becker)

Après diverses coverstories impliquant rien de moins que le Premier ministre, celui de l’Économie ou de la Grande Région, paperJam a voulu s’intéresser à la Culture, aux enjeux économiques et sociaux qu’elle représente, à son financement, à son avenir. C’était sans compter le peu d’intérêt que semble porter au dossier la principale concernée, Maggy Nagel, la ministre de la Culture, qui n’a pas répondu à nos sollicitations d’interviews nombreuses et anticipées. Ce n’est pas seulement décevant pour les journalistes et les lecteurs, c’est aussi inquiétant pour un secteur encore jeune et fragile qui ne peut que constater le peu d’engagement de sa ministre de tutelle, qui préfère rencontrer les directeurs d’établissements que les artistes eux-mêmes.

Pourtant, le monde culturel ne manque pas de défis à relever et est en train de poser les dalles qui paveront son avenir : statut de l’artiste, export, mécénat, gouvernance, transparence… et a bien besoin d’un pilote pour impulser des directions et une véritable politique culturelle qui fait défaut au pays depuis longtemps.

La volonté de transparence dont le ministère a fait preuve en publiant le détail des bénéficiaires de ses subventions est un geste encourageant pour améliorer la gouvernance culturelle. Un courant qui va de pair avec la mise à plat des conventions qui lient les acteurs culturels avec le ministère de la Culture et qui est à double tranchant pour les artistes et les professionnels du secteur, dont certains pourraient ne plus être aidés, faute de qualité suffisante. Encore faut-il déterminer les critères d’attribution des financements publics, les expliquer, les appliquer. Cela suppose de faire des choix et risquer de déplaire. On ne peut plus se satisfaire d’un « pour Luxembourg, c’est bien », qui non seulement ne veut pas dire grand-chose, mais surtout dévalorise les bons artistes.

Certes, la période est aux économies et au désengagement de l’État dans ce domaine. Les (encore rares) soutiens privés commencent à trouver le chemin du mécénat culturel, et c’est tant mieux. Mais, au fond, ce n’est pas la culture elle-même qui coûte cher. Plus de 50 % (parfois jusqu’à 70 %) des budgets concernent le fonctionnement des institutions (salaires, entretien des bâtiments, etc.) : un chiffre qui devrait indéniablement être pris en compte dans les critères d’attribution de subvention. En outre, plusieurs études européennes récentes ont montré que la culture rapporte au pays plus que ce qu’elle ne coûte : emplois directs (non seulement les artistes eux-mêmes, mais ceux qui les encadrent, les promeuvent, les programment, etc., soit 2,7 % de l’emploi total en France), retombées touristiques, marchés annexes (construction, communication, Horesca…). Et on ne parle ici ni de lien social ni d’élévation intellectuelle ni de plaisir… incalculables et pourtant indispensables.