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La télémédecine ou l’art de consulter sans se déplacer



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La télémédecine est également une réponse au trop-plein des salles d’attente. (Photo: AdobeStock / agenturfotografin)

Si le Grand-Duché n'est pas concerné par les déserts médicaux, contrairement aux voisins français et suisses, l’émergence des technologies de consultation à distance pourrait se révéler utile quand l’urgence fait loi ou encore dans le milieu carcéral.

La télémédecine a vu le jour dans les années 90 grâce au développement de l’ADSL, une technologie capable de véhiculer le son et l’image à grande vitesse à travers internet. Le docteur et son patient ont ainsi pu pour la première fois se rapprocher l’un de l’autre sans avoir à se déplacer.

Avec l’émergence des réseaux à très haut débit, fibre et 4G, les premières solutions de consultation à distance vraiment opérationnelles commencent à être déployées. Les cabines et les applications de télémédecine sont perçues comme une réponse efficace à l’éloignement patient-médecin observé dans certaines régions, en France ou en Suisse, par exemple, pour ne parler que de nos plus proches voisins. 

Des applications B2B prometteuses

Cette problématique liée aux territoires isolés ne touche pas directement le Luxembourg. Néanmoins, la télémédecine apparaît comme une solution pertinente dans des cas bien précis, qu’il s’agisse de répondre à une urgence (présomption d’infarctus, par exemple) ou de solliciter l’avis d’un autre médecin sans que le patient ait à se déplacer à l’autre bout du pays. 

Des solutions de télémédecine B2B émergent peu à peu. Présente au Luxembourg, la société Sword propose Sword Orizon, une plate-forme dédiée aux acteurs de la santé dotée d’outils de télé-expertise, de téléradiologie, de téléconsultation ou encore de suivi à distance des patients diabétiques. Ces solutions abolissent les distances et permettent de limiter les transferts de patients entre les établissements hospitaliers, générant des économies pour le service de santé.

Toute proche de nous, la province de Luxembourg s’apprête à expérimenter un projet de télémédecine en milieu carcéral. Forte du soutien de la communauté médicale, cette solution de téléconsultation viendra pallier l’absence de médecin permanent dans les centres de détention, mais aussi celle de personnel infirmier durant la nuit. 

Préserver le rapport patient-médecin

La télémédecine est également une réponse au trop-plein des salles d’attente. Comme l’explique le docteur Marion Lagneau de la plate-forme française MédecinDirect, «environ 80% des diagnostics peuvent être posés après un simple interrogatoire». Avec l’allongement de la durée de vie, elle permet aussi de suivre régulièrement les personnes âgées souffrant d’une maladie chronique. Mais qu’en est-il du lien entre le praticien et son patient? 

Cela se passe comme une consultation normale, excepté que le patient n’est pas en face de vous.

Docteur Marion Lagneau

Le contact est préservé, estime Marion Lagneau, jugeant que la télémédecine inaugure simplement une autre forme de relation, par écrans interposés, guère différente de ce que nous connaissons quand nous passons un appel via Skype à un parent éloigné. «Cela se passe comme une consultation normale, excepté que le patient n’est pas en face de vous. La médecine, c’est de l’humain avant tout. Et cette humanité est préservée avec la télémédecine.» 

Un dernier élément essentiel doit être souligné: les flux numériques étant cryptés, la confidentialité des échanges et des données ne sort pas du strict cadre médecin-patient.