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A la relance

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Manpower ouvre deux nouvelles agences dans un contexte de marché de l'intérim porteur. De quoi donner un poids nouveau à certaines revendications du milieu.

L'intérim semble se porter plutôt bien au Luxembourg, si l'on en juge par l'ouverture de deux nouvelles agences de Manpower à Wiltz (qui cible, depuis janvier, les intérimaires belges) et Wasserbilig (ouverte en mars pour les sociétés allemandes installées au Luxembourg ainsi que la main-d'oeuvre d'outre-Moselle). Cela en fait donc 7, en plus du siège qui vient de déménager rue de Strasbourg. "Nous couvrons désormais tout le pays", explique Liliane Adam, directrice de Manpower Luxembourg. "La proximité avec nos clients, mais aussi avec les intérimaires, est très importante. Il est également important de fidéliser les intérimaires: il est alors plus facile de les placer et cela constitue aussi un gage de qualité pour les clients", insiste-t-elle.

"Aujourd'hui, nous constatons une reprise de l'activité qui va se traduire dans l'intérim. Nous sommes en quelque sorte le baromètre de l'emploi. Mais les ouvertures d'agence ne sont pas liées à cette reprise", tient à préciser Mme Adam, qui constate des demandes plus fortes dans le secteur tertiaire et dans l'horeca, tout en précisant que le BTP se porte également bien.

L'an prochain, Manpower entend spécialiser ses chargés d'affaires et les assistants dans certains métiers. "Je pense que nous disposerons d'une agence qui ne fera que du tertiaire", précise Mme Adam. Par ailleurs, une des deux agences présentes à Esch est vouée à se spécialiser dans l'industrie.

"Les agences seront de plus en plus spécialisées. C'est nécessaire car les interviews de candidats ne sont pas les mêmes selon les métiers. On ne peut pas connaître tous les secteurs, contrairement à avant, car on doit commenter les CV à nos clients. Nous essayons de nous spécialiser en recrutant des personnes de métiers ou en formant notre personnel. Le besoin de formation se ressent de plus en plus au fil des ans", constate la directrice.

Présent au Luxembourg depuis 40 ans, Manpower, vise comme prochain objectif d'offrir des formations, en collaboration avec l'ADEM, surtout dans l'industrie et dans le bâtiment. "On manque de personnel qualifié", regrette-t-elle.

Sécurité et déontologie

Ce volet formation est également un des chevaux de bataille de l'ULEDI, l'Union luxembourgeoise des entreprises de travail intérimaire, qui, au fil du temps, a acquis une légitimité reconnue. "Il est par exemple significatif que nous ayons rencontré notre ministre de tutelle à deux reprises ces derniers mois, note Daniel Oudrar, le président de l'ULEDI. D'autres échanges ont également été engagés avec l'Inspection du Travail et des Mines en vue d'un renforcement de la collaboration en matière de sécurité et de santé sur le lieu de travail.

Fin 2004, 45 personnes ont pu suivre les trois premières séances de formation organisées en partenariat avec l'Institut de formation sectoriel du bâtiment (IFSB), avec l'aval des organisations professionnelles de la construction, un secteur qui figure parmi les plus accidentogènes. "En 2005, ce programme de formation sera plus systématique et nous souhaitons, à terme, que soient formés tous les salariés intérimaires qui travaillent au Luxembourg". La présence du ministre Biltgen lors de la remise des premiers certificats de formation, constitue un signal supplémentaire de l'importance prise par la problématique au plus haut niveau.

Dans le même temps, l'ULEDI met la dernière main à l'élaboration d'un code de déontologie, prévu d'être terminé fin juin, et qui officialisera les bonnes pratiques censées être déjà en vigueur. "Il existe déjà un code, mais qui est quelque peu obsolète, reconnaît M. Oudrar. Nous souhaitons davantage communiquer vers l'extérieur, avec les différents partenaires sociaux et établir une sorte de label de référence".

Cela permettra alors, peut-être, de fourbir ses armes en vue d'une autre bataille plus complexe à mener: celle contre les pratiques de détachement vers l'étranger du personnel d'une entreprise établie au Luxembourg. "Nous souhaitons qu'une entreprise qui pratique ce genre de détachement ait une activité %u2018prépondérante' au Luxembourg, c'est-à-dire au moins 50,1%, et non pas seulement %u2018significative' comme le prévoient les textes actuellement. Il en va de la sauvegarde de la qualité des services sur le marché", prévient M. Oudrar.