«C’est une contradiction de parler d’inauguration, car ce bâtiment existe depuis plus de 100 ans», s’amuse Charles-Louis Ackermann, le dirigeant de la Poudrerie de Luxembourg, devant un parterre d’une trentaine d’invités venus à l’occasion de l’inauguration de l'immeuble en vieilles pierres entièrement rénové. C’est ici qu’on s’occupait jadis de la partie fine de la poudre noire, qui servait à la confection des explosifs.
Bâtiment encore inutilisé il y a quelques années, la direction de la société a décidé de lui donner une seconde vie en y apportant de la lumière à travers plusieurs vérandas et ouvertures qui lui donnent un aspect futuriste. Des vérandas et des fenêtres qui ont justement été mises en place par l’un des deux locataires déjà installés, l’entreprise française Metzger.
Cette nouvelle inauguration montre que le projet du ParcLuxite est bien vivant.
Charles-Louis Ackermann, CEO de la Poudrerie de Luxembourg
Le second locataire est la filiale locale du groupe international de déménagement Santa Fe Relocation. La moitié des 900m2 disponibles est donc déjà louée et des discussions sont en cours avec d’autres entreprises pour remplir le reste des locaux. «Cette nouvelle inauguration montre que le projet du ParcLuxite est bien vivant», ajoute Charles-Louis Ackermann.
Héritière d’un site de 65 hectares où l’on a fabriqué pendant près de 70 ans le célèbre explosif Luxite, la Poudrerie de Luxembourg a décidé, il y a une quinzaine d’années, de lancer un vaste projet de parc industriel pour mettre à profit ce terrain situé sur la commune de Kockelscheuer, entre Luxembourg-ville et Bettembourg. Elle espère y attirer des entreprises de différents horizons et différentes tailles.
Un coin réservé aux start-up
En début d’année, la Poudrerie a déjà inauguré un bâtiment flambant neuf de 4.000m2. Baptisé Luxite One, ce lieu se destine exclusivement aux entreprises actives dans les écotechnologies. Il compte déjà deux locataires: la filiale luxembourgeoise du groupe de construction BAM et la start-up Qube 4T8, spécialisée dans l’électromobilité.
Des discussions avec une start-up active dans le stockage d’énergie devraient bientôt se concrétiser. Avec ce troisième locataire, l’ensemble du bâtiment sera occupé. Un nouveau chantier commencera alors pour construire une structure identique, également destinée à des entreprises qui ont un rapport avec les écotechnologies.
Aujourd’hui, le ParcLuxite est composé d’une dizaine de bâtiments, anciens ou neufs, accueillant environ 25 sociétés. Face au boom économique que connaît le pays, la mise à disposition de nouvelles surfaces trouverait rapidement preneur. Mais la Poudrerie préfère bâtir lentement ce parc industriel qui marque un nouveau tournant dans la vie de l’entreprise.
Un virus qui s’attrape facilement
«Nous voulons garder la mainmise sur ce patrimoine et prendre le temps de sélectionner chaque société que nous accueillons», explique Venant Krier, le directeur du ParcLuxite. «Notre entreprise a plus de 100 ans, pourquoi faudrait-il se presser aujourd’hui? Nous n’avons aucune banque sur le dos et aucun prêt à rembourser, car le terrain nous appartient. Nous ne sommes pas dans une logique spéculative et nous regardons sur le long terme.»
En 1970, lorsque la production d’explosif a été stoppée, la Poudrerie avait fait le choix de créer une société de moulage plastique pour batterie, Accumalux. Un pari gagnant, car la nouvelle entité possède aujourd’hui des filiales en République tchèque, en Bulgarie et en Russie.
«L’histoire de la Poudrerie, c’est l’histoire de gens qui ont su entreprendre», conclut Charles-Louis Ackermann. «Il est resté dans l’air ce virus industriel, et il s’attrape facilement.»