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Parution

La pauvreté est-elle un crime?



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Discrètement, la politique d’austérité de la ministre de la Culture, Maggy Nagel (DP), vide les infrastructures de leur sang. (Photo: Land)

Ce vendredi, en plus d’un dossier consacré au secteur de la culture dont le soutien public est en régression depuis 2007, d'Lëtzebuerger Land se penche sur la question économique derrière la législation visant les sans-abris.

Chaque été, des gens se plaignent de voir la misère des plus démunis étalée en plein centre-ville et demandent un renforcement de la législation qui criminalise les sans-abris et les mendiants pour mieux s’en débarrasser. Mais on peut douter de l’efficacité de telles mesures. Car indépendamment des régimes et des époques, le législateur fait depuis quatre siècles la chasse aux mendiants et aux vagabonds, à la mendicité en réunion et aux tziganes: des édits de l’impératrice Marie-Thérèse au 18e siècle et du Code pénal français de 1810 en passant par le nouveau Code pénal de 1867 et les dépôts de mendiants jusqu’à la libéralisation toute relative par la loi de 2008. Et si la pauvreté n’était ni une question juridique ni sociale, mais économique?

Désertification

Discrètement, la politique d’austérité de la ministre de la Culture, Maggy Nagel (DP), vide les infrastructures de leur sang. Une programmation au ralenti et des projets importés ou qui s’étendent sur plusieurs mois ne sont que la partie visible d’une désertification galopante du secteur culturel. Et il y a des chiffres pour le prouver: le statisticien Philippe Robin, dont le contrat a été rompu par le ministère de la Culture après 11 ans, a publié à son propre compte une étude sur le financement public de la culture entre 2000 et 2015, prouvant l’évidence. La régression du soutien public à la culture depuis 2007. Le Land s’est entretenu avec lui et publie l’étude sur son site internet.

À la recherche de la pierre philosophale

En 2014, le jour de la Saint-Valentin, la CSSF publia un communiqué dans lequel elle statuait que «les monnaies ‘virtuelles’ sont de la monnaie». Une lettre d’amour aux grands opérateurs de bitcoins, litecoins et autres cryptomonnaies. Personne n’imaginait alors à quel point le timing allait être parfait. À peine deux semaines plus tard, au Japon, MtGox, le premier comptoir de bitcoins, s’écroule et 850.000 bitcoins (soit 355 millions d’euros) disparaissent dans les limbes virtuels. Sonnés, les opérateurs de bitcoins tentent de retrouver la confiance de leurs investisseurs et clients. Le Luxembourg leur offre la respectabilité convoitée. Ironiquement, les opérateurs d’une monnaie qui se voulait libérée de toute ingérence étatique cherchent refuge auprès… des autorités étatiques. En contrepartie de la légitimité que procure l’agrément ministériel, la CSSF demande la soumission à la lourde et intriquée réglementation financière. C’est le deal proposé par la juridiction grand-ducale et durant leurs voyages de prospection, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel (DP), et son ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP), distribuent des cartons d’invitation aux crypto-monnayeurs de New York à Tokyo. Qui sont en train de débarquer.