POLITIQUE & INSTITUTIONS

Bilan 2016

La mortalité sur les routes recule, mais pas assez



Après plusieurs années marquées par une évolution en dents de scie, la sécurité routière s’est améliorée en 2016, selon le bilan présenté mardi. 32 personnes ont perdu la vie l’an passé, soit le niveau enregistré en 2010 et le double des ambitions du pays d’ici à 2020.

Tout comme au niveau européen, la situation sur les routes du Luxembourg s’est améliorée en 2016. Mais alors que Bruxelles a pu se féliciter, fin mars, d’avoir enregistré un record historique, le Grand-Duché ne peut se targuer d’un tel résultat puisqu’avec 32 morts liés à des accidents de la circulation, le pays revient au niveau enregistré en 2010. Un constat qu’il faut toutefois nuancer au vu de l’évolution survenue au cours des six années écoulées, marquée notamment par une hausse de 20% du parc automobile, de près d’un quart (23,9%) de la population résidente et de 40,2% du nombre de frontaliers. En chiffres absolus, sur la même période, le nombre d’accidents mortels et d’accidents graves a baissé de 18,2%, tandis que celui des accidents corporels a reculé de 4,3%, selon les chiffres dévoilés mardi.

Sans surprise, les automobilistes restent encore et toujours les usagers de la route les plus impactés par les accidents graves, puisque représentant 43% de tous les tués ou blessés graves en 2016. Et ce devant les motards (20%) et les piétons (20%). Des piétons qui représentent d’ailleurs la principale catégorie de victimes puisque huit d’entre eux ont perdu la vie l’an passé, dont cinq au cours de l’hiver. Soit un quart des victimes totales. Si les données générales liées à l’insécurité routière restent les mêmes, à savoir des accidents survenant principalement en lien avec une vitesse excessive, par temps sec et en soirée, l’année 2016 marque cependant une amélioration au niveau de certains comportements.

Ainsi, seuls 19% des victimes tuées ne portaient pas leur ceinture de sécurité – contre 35% en 2015 –, 35% roulaient trop vite –45% en 2015 – et 14% circulaient sous l’emprise de l’alcool – 30% en 2015. Seuls bémols notables: la hausse du nombre de personnes tuées alors qu’elles avaient consommé de la drogue. Selon les chiffres de la police, cela représentait 10% des victimes en 2016, contre 6% un an plus tôt. Même chose en ce qui concerne le non-respect des priorités, en hausse l’an passé.

«La tendance pour 2016 est à la baisse, et c’est une bonne chose, mais nous restons tout de même loin de bon nombre de pays comme les Pays-Bas ou les pays scandinaves qui comptent 25 ou 26 morts pour un million d’habitants», résume François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures. «Si on fait ce calcul, nous sommes à 54 morts par million d’habitants, nous pouvons donc faire bien mieux», estime le ministre qui garde en tête l’objectif européen de réduire de moitié le nombre de morts et de blessés graves sur les routes d’ici 2020. Soit parvenir à réduire de moitié les personnes tuées ou blessées gravement en trois ans. Un objectif qualifié de «possible» par le ministre via «la poursuite constante des efforts de prévention notamment…»

La future campagne de la Sécurité routière portera, pour sa part, sur l’utilisation du téléphone portable au volant. Qualifié de «fléau» touchant aussi bien «les piétons imprudents que les automobilistes distraits», le phénomène devrait «faire l’objet d’une sensibilisation au sein du grand public, mais aussi au sein des entreprises», selon Paul Hammelmann. Selon le président de la Sécurité routière, cette thématique «qui touche aussi bien la sphère privée que la sphère professionnelle» doit faire l’objet «de réponses multiples». Comprenez de la prévention, de la formation, mais aussi de la répression. Pour rappel, tout conducteur contrôlé téléphone à la main encourt un avertissement taxé de 145 euros et un retrait de deux points sur son permis.