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La Lhoft… et son écosystème



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La priorité de la Lhoft se concentre sur l’Europe où elle cherche à convaincre le plus possible d’écosystèmes nationaux de rejoindre son réseau. (Photo: Sebastien Goessens/archives)

Lancé en avril 2017, le hub fintech luxembourgeois a signé en moins de deux ans un nombre impressionnant de partenariats à travers le monde. Sa vision: collaborer plutôt qu’entrer en compétition.

Nasir Zubairi l’avait affirmé clairement lors de sa prise de fonction début 2017 à la tête de la Luxembourg House of Financial Technology (Lhoft): «Je n’aurais jamais accepté cette mission si elle s’était résumée aux simples activités d’un incubateur.»

Car même si certains font encore l’amalgame, la Lhoft n’est pas qu’un incubateur, loin de là. La quarantaine de fintech qu’elle héberge au sein de la House of Startups est pourtant la partie la plus visible de cette fondation publique/privée lancée en avril 2017 par le ministère des Finances et une dizaine de partenaires privés du secteur financier.

Mais qu’on ne s’y trompe pas. La Lhoft, c’est bien plus que cela. Et la toile qu’elle est en train de tisser s’étend déjà sur trois continents: l’Europe, l’Asie et l’Amérique. «Pour nous, ce n’est pas le nombre de fintech que nous hébergeons qui est important, mais la diversité et la complémentarité des solutions que nous rassemblons dans notre écosystème, même si certaines se trouvent à Singapour ou à San Francisco, rappelle Alex Panican, en charge des partenariats pour la Lhoft. Nous comptons aujourd’hui plus d’une centaine de membres.»

Le hub luxembourgeois a multiplié les partenariats ces derniers mois. En Amérique du Nord, il s’est rapproché du centre d’innovation Plug and Play à San Francisco et il est en discussion avec deux autres centres fintech au Canada. En Asie, six memoran­dums of understanding ont été signés en moins d’un an. Trois en Chine et le reste au Japon, en Corée du Sud et à Singapour. 

Une communauté fintech européenne

L’Afrique aussi est scrutée avec intérêt par la Lhoft. Si le continent n’est pas suffisamment mature dans ce domaine pour permettre des partenariats avec d’autres hubs, les fintech africaines sont de plus en plus nombreuses. C’est pour garder un œil sur l’évolution de cet écosystème en devenir que la Lhoft a créé le programme d’accélération Catapult, dont la première édition, qui a eu lieu au mois de novembre, a récompensé la start-up ougandaise Four One Financial Services Limited.

«L’objectif est d’aider les fintech africaines à bénéficier de notre écosystème, expliquait alors Nasir Zubairi. Et puis, le Luxembourg est en recherche de talents, et l’Afrique en regorge. Les liens qui peuvent être tissés avec le continent sont donc importants.»

Mais la priorité de la Lhoft se concentre surtout sur l’Europe. Au mois de juillet, elle a pris part, aux côtés de 10 autres centres d’innovation fintech européens et un israélien, à l’initiative Talent Route. Impulsé par le hub espagnol Innsomnia, ce regroupement d’acteurs est une première. L’objectif est de faciliter l’échange d’informations et d’opportunités.

«60 ans après la constitution de la Communauté économique européenne, nous parvenons à signer un partenariat, afin de construire la première communauté fintech européenne», s’enthousiasme Alex Panican. Cette vision de collaboration plutôt que de compétition, la Lhoft y croit fortement.

Elle continue d’ailleurs de battre le pavé aux quatre coins de l’Europe pour convaincre le plus possible d’écosystèmes nationaux de rejoindre son réseau. Et ce sont les pays de l’Est qui sont désormais prospectés. Elle vient d’ailleurs de signer un partenariat avec un hub fintech à Moscou et s’apprête à collaborer avec un autre à Budapest.