ENTREPRISES & STRATÉGIES

Parité économique

La lente féminisation des conseils d’administration



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L’État est encore loin des 40% d’administratrices dans les établissements publics, GIE et sociétés où il détient des participations. (Photo: Licence C.C.)

L’État progresse pas à pas en faisant davantage de place aux femmes dans les conseils d’administration où il est représenté. Tout en restant loin des 40% visés pour 2019.

Au 31 décembre 2016, annonçait la semaine dernière le communiqué du conseil de gouvernement, les femmes occupaient 25,50% des sièges des conseils d’administration des établissements publics, des groupements d’intérêt économique et des sociétés dans lesquelles l’État détient une participation. Et 32,16% des représentants de l’État dans ces différentes structures étaient des femmes.

Des chiffres issus du 3e bilan intermédiaire que s’impose le gouvernement depuis 2015. La coalition DP-LSAP-Déi Gréng s’était en effet donné dès 2013 un objectif clair dans son programme gouvernemental: «Le gouvernement entend aboutir à une représentation de 40% du sexe sous-représenté jusqu’en 2019 dans ces conseils d’administration. Le gouvernement entend également aboutir à une représentation de 40% du sexe sous-représenté dans les nominations au sein de conseils d’administration d’entreprises privées qu’il peut pourvoir en tant qu’actionnaire.» Des objectifs en ligne avec ses ambitions en matière de parité politique.

Un périmètre variable

Le ministère de l’Économie a ainsi mis en place un suivi de l’évolution du nombre de femmes au sein des conseils d’administration que l’État contribue à pourvoir. Avec un périmètre variable puisque le suivi concernait 92 conseils d’administration en 2014, 95 mi-2016 et aujourd’hui 93, avec des établissements publics qui ont disparu, comme le Centre virtuel de la connaissance sur l’Europe, intégré dans l’Université au 1er juillet 2016, et d’autres structures émergentes comme Luxembourg for Tourism ou, plus récemment, le groupement d’intérêt économique dédié à l’organisation de la participation luxembourgeoise à l’exposition universelle de Dubaï en 2020.

Une fois la coalition en place, il a fallu quelque temps au ministère de l’Économie pour peaufiner sa méthodologie et établir une base de données cohérente. Les premières statistiques remontent donc seulement à janvier 2015.

Loin des 40% visés pour 2019

Et si la tendance est à la hausse, le chemin reste encore long pour parvenir au seuil des 40% de représentation du sexe sous-représenté – en l’occurrence le sexe féminin. La part de sièges occupés par des femmes au sein des conseils d’administration dans lesquels l’État est représenté s’élevait à 21,75% au 31 décembre 2014, puis à 22,35% en avril 2015, 24,36% fin 2015, 25,66% mi-2016 et enfin 25,50% fin 2016. Selon les calculs du ministère de l’Économie, il faudrait encore attribuer 124 mandats à des femmes pour atteindre l’objectif de 40% en 2019.

L’État fait en tout cas preuve de bonne volonté et se montre meilleur élève que les autres actionnaires. 21,75% de ses représentants au sein des mêmes conseils d’administration étaient des femmes fin 2014, puis 27,82% en avril 2015, 30,60% fin 2015, 32,24% mi-2016 et enfin 32,16% fin 2016. Au 31 décembre dernier, 164 sièges de l’État sur les 510 qu’il compte au total étaient occupés par des femmes. Un score qu’il entend améliorer à la faveur des assemblées générales du premier semestre.