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La guerre des talents fait rage en Grande Région



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À cette guerre des talents, s’ajoute un autre challenge, celui de fidéliser les employés, comme l’ont évoqué les intervenants lors d’une conférence IGR mardi à Luxembourg. (Photo: Shutterstock)

Pénurie de cadres, ingénieurs, informaticiens, soudeurs… La compétition pour attirer les compétences au sein des entreprises se fait ressentir à travers toute la Grande Région. Le constat et des ébauches de solutions étaient au programme d’une conférence mardi soir chez KPMG.

De quelles ressources la Grande Région a-t-elle besoin? Une question qui a animé les échanges mardi au siège de KPMG Luxembourg, lors d’une conférence-débat de l’IGR (Institut de la Grande Région) entre des représentants du monde politique et économique luxembourgeois, français et allemands.

«La compétition pour la matière grise» se fait ressentir à travers toute la Grande Région constate Martin Niedermeyer, chef de l’unité Coopération transfrontalière pour la Sarre. Côté français, Hervé Bauduin, président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie de Lorraine, pointe les besoins des «filières numériques, de maintenance et de soudure», notamment dans sa région. Tandis qu’à Trèves, ce sont les cadres qui font défaut.

Photo: Paperjam

(Photo: Paperjam)

«Il y a 15 ans déjà, nous avions évalué le risque de pénurie de cadres à Trèves, les Chambres sont là pour épauler les entreprises dans leur recherche», explique le Dr Jan Glockauer, directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Trèves, qui évoque également «le manque de candidats repreneurs d’entreprise pour les années à venir» dans sa région.

Donner une image attractive de notre région, c’est un défi pour tous.

Dr Nico Binsfeld, coordinateur du Digital Skills Bridge

«La concurrence est féroce, mais la guerre divise», a lancé à son tour Tom Oswald, premier conseiller de gouvernement, coordinateur général de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire au ministère du Travail du Luxembourg. «La Grande Région doit rester unie pour trouver des solutions, en proposant des formations de qualité aux nouveaux métiers.»

Quelles solutions?

«Il faut travailler la mobilité physique, intellectuelle et organisationnelle», commente à son tour Hervé Bauduin, pour qui se former ou se réorienter ne doit pas être «une crainte» ou «un obstacle». Il soutient aussi l’idée de développer des solutions d’hébergement dans le but de faciliter l’accès à des centres de formation par exemple. «Nous avons chez nous une croissance du nombre d’apprentis, c’est un bon signe» ajoute-t-il. 

Outre la mobilité et l’accent sur l’apprentissage en alternance, l’identification à la source des besoins des entreprises constitue également une autre solution transfrontalière. «Avec notre programme Digital Skills Bridge mené au Luxembourg, nous aidons les entreprises à faire des projections de leurs besoins futurs et à identifier les profils et les compétences dont elles auront besoin», explique le Dr Nico Binsfeld, coordinateur général du programme.

Une fois l’identification effectuée, les salariés sont formés en interne ou en externe à un nouveau métier. «Au Luxembourg, les choses avancent plus vite et plus facilement qu’en Belgique ou en Allemagne, c’est un plus petit pays aussi», a réagi le Dr Jeanne Ruffing, coordinatrice de l’Observatoire interrégional du marché de l’emploi de la Grande Région. «Nous devons mettre l’accent sur la formation continue préventive, de manière à ne pas devoir réagir quand il sera trop tard.» Former et recruter ne suffisent plus, il faut «fidéliser» aussi les employés.

Pour les jeunes, il n’y a plus de frontières.

Géraldine Hassler, directrice des ressources humaines chez KPMG Luxembourg

«80% du recrutement se fait en dehors du Luxembourg», explique Géraldine Hassler, directrice des ressources humaines chez KPMG Luxembourg, également invitée à témoigner. «Pour les jeunes, il n’y a plus de frontières.» D’où la nécessité de «mettre en avant les opportunités de carrière au Luxembourg». Le métier de recruteur est devenu un véritable «métier de branding, de marketing», poursuit Géraldine Hassler. Il est devenu essentiel de «fidéliser, former et faire évoluer ses collaborateurs» pour garder les talents.  

La guerre des talents dépasse les frontières de la Grande Région. Elle est mondiale. «Donner une image attractive de notre région, c’est un défi pour tous», a ajouté le Dr Jan Glockauer.