PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Secteur bancaire

La future convention collective dans toutes les têtes



Les négociations à venir sur la future convention collective se feront dans un tout autre contexte que les précédentes, marquées par les effets de la crise économique. (Photo: Paperjam/DR)

Les négociations à venir sur la future convention collective se feront dans un tout autre contexte que les précédentes, marquées par les effets de la crise économique. (Photo: Paperjam/DR)

Alors que les discussions officielles entre partenaires sociaux ne débuteront qu’à la rentrée, certains syndicats avancent d’ores et déjà leurs pions. Après l’Aleba il y a quelques jours, c’est au tour de l’OGBL/SBA d’évoquer certaines de ses revendications.

Avec des prévisions de croissance à 3,1% pour 2016 et 4,6% pour 2017 selon les dernières données du Statec, le Luxembourg peut se targuer de faire partie des pays européens ayant réussi à tourner le dos à la crise. Ce qui n’est pas sans aiguiser certains appétits. C’est notamment le cas dans le secteur bancaire, principal moteur de l’économie, dont l’actuelle convention collective doit être renégociée entre partenaires sociaux à la rentrée.

Après l’Aleba, principal syndicat du secteur qui plaide notamment pour des jours de congés supplémentaires pour raisons familiales, une meilleure reconnaissance des diplômes ou une lutte contre le burn-out, c’est au tour de l’OGBL/SBA de sortir du bois.

Annonçant sa volonté de défendre «un juste retour des concessions acceptées ces dernières années», l’organisation syndicale avance sur plusieurs terrains. Que ceux-ci relèvent du domaine financier ou qu’ils soient en lien avec les conditions de travail des salariés de la Place.

L’ABBL est actuellement en pleine phase de préparation.

Un porte-parole de l’Association des banques et banquiers, Luxembourg

Outre la fin de l’augmentation au mérite triennale, remplacée par «une évolution obligatoire des salaires», une revalorisation associée à «une réindexation de la prime de juin» et une modernisation des fonctions, le syndicat donne de la voix sur les questions de temps de travail. «À l’avenir, toute heure prestée devra être qualifiée comme temps de travail et plus aucune heure de travail ne pourra être perdue», estime l’OGBL, qui plaide également pour que les astreintes entrent dans le décompte des heures travaillées. Et donc rémunérées comme telles.

Dans ce concert de revendications, en attendant celles du LCGB-SESF, l’ABBL a choisi de ne pas communiquer à ce stade. Indiquant être «en pleine phase de préparation» des discussions à venir, l’organisation patronale n’entend certainement pas révéler d’éventuels points d’achoppement avant d’être à la table des négociations. La convention 2013/2016, signée en avril 2014, reprenait les grandes lignes de la précédente convention, après plusieurs mois de blocage.

Celle signée en décembre 2007 avait été arrachée entre les seuls ABBL et Aleba, OGBL et LCGB ayant refusé de signer un texte comportant, selon eux, trop de zones d’ombre.

Preuve que chaque négociation de convention collective dans le secteur bancaire est un nouvel ouvrage à remettre sur le métier. La session à venir ne devrait donc pas échapper à la règle et apporter son lot de tensions, sur fond de transformation de la Place en direction de la gestion de fortune et des fintech.

Selon le rapport annuel de l’ABBL, le secteur employait 25.897 personnes en 2015.