COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Communication

Parution

La fin de la discrétion



La nouvelle édition de l'hebdomadaire sera dans les kiosques dès vendredi. (Photo: Land)

La nouvelle édition de l'hebdomadaire sera dans les kiosques dès vendredi. (Photo: Land)

Des compteurs «intelligents» pour 2016, un dialogue social tendu, 3.500 tonnes de vêtements de seconde main. Trois sujets à retrouver dans le Lëtzebuerger Land ce vendredi.

Dans le deuxième semestre 2016, 15.000 compteurs dits «intelligents» seront installés dans des ménages luxembourgeois. Ces appareils digitaux mesurent la consommation de l’électricité et du gaz. Jusqu’à fin 2020, la totalité des ménages du pays en seront équipés. Une directive européenne impose le remplacement des compteurs électro-mécaniques traditionnels par des successeurs électroniques et leur mise en réseau avec une centrale des données. Mais dans cette nouvelle ère, le Luxembourg veut se retrouver parmi les pionniers, et la conception du smart metering luxembourgeois ne comprend ainsi pas seulement le comptage de l’électricité et du gaz, mais aussi celui de l’eau et de la chaleur, ce qu’aucun autre pays au monde ne fait en ce moment. Pas de surprise donc, que jusqu’ici le comptage intelligent ait été officiellement propagé surtout comme une importante innovation technologique. Ce qui est sans doute vrai. Mais en même temps, la facturation traditionnelle va disparaître, et les relations entre les fournisseurs d’énergie et leurs clients changeront fondamentalement.

Amours syndicales

«Le CSV et M. Juncker m’avaient tordu le bras pour que je fasse un projet de loi qui arrange le LCGB», dit le ministre du Travail, Nicolas Schmit (LSAP). «Nous avions un accord, mais Nicolas Schmit a cédé sous la pression de l’OGBL», clame le député Aly Kaes (CSV). Le président du LCGB, Robert Dury, renchérit: «C’est un Kouhandel entre le LSAP et l’OGBL! Un remerciement pour son appel (à ne pas voter CSV) aux dernières élections.» Bienvenue au débat autour du projet de loi sur le dialogue social au sein des entreprises! Il oppose les majoritaires de l’OGBL aux minoritaires du LCGB autour de la question quels délégués auront droit à combien d’heures libérées. Il oppose le patronat aux syndicats autour de l’entrée dans le monde de l’entreprise des appareils syndicaux et de leurs experts. Et il oppose les députés du CSV, proches du LCGB, aux députés Déi Lénk et du LSAP, proches de l’OGBL. Ainsi apparaissent, au travers d’un projet de loi, les multiples lignes de fracture du modèle social luxembourgeois.

De pied en cap

Samedi matin, 9h15 au Kleederschaf à Frisange. Les premiers clients sont déjà arrivés alors que la structure, qui offre des vêtements de seconde main au prix forfaitaire à ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter du neuf dans les boutiques, vient seulement d’ouvrir. Une famille syrienne notamment – elle, portant le voile, choisit les pantalons et pulls, tandis que lui, foulard style Arafat autour du cou, préfère attendre près de la porte en surveillant leur fille. Presque 400 familles sont venues en 2014, munies de leur carte émise par les offices sociaux communaux: familles monoparentales, réfugiés, chômeurs et sans domicile fixe. Les volontaires de l’association viennent au moins deux fois par semaine pour trier les dons de vêtements. Ceux qui sont en bon état sont étiquetés et mis dans les rayons, les autres sont livrés aux associations qui se chargent de la collecte des vieux vêtements. Aide aux enfants handicapés et Kolping Luxembourg ont un réseau de plusieurs centaines de containers à travers le pays et collectent ensemble plus de 3.500 tonnes de vieilles fringues par année qui seront, à travers des sous-traitants en Belgique, Allemagne, Pologne, Italie ou en Ukraine, acheminés vers les marchés africains ou d’Amérique latine. Ou sinon transformés en matériaux de construction.

Land

La nouvelle édition de l’hebdomadaire politique, économique et culturel d’Lëtzebuerger Land est en kiosque dès vendredi.