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Conférence

«La douleur est une expérience très subjective»



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Selon la chercheuse Marian van der Meulen, les facteurs qui influencent la perception de la douleur peuvent être psychologiques ou encore cognitifs. (Photo: Marian Van Der Meulen)

En marge de la conférence sur la santé «Health and Behaviour» présentée dernièrement à Belval par des professeurs de l’Université du Luxembourg, Paperjam a rencontré Marian van der Meulen, chercheuse post-doctorale dans le domaine de la douleur et de l’activité du cerveau, entre autres.

Qu’est-ce qui influence la perception de la douleur au sens large? C’est l’une des questions longuement analysées par le groupe de recherche de l’Université du Luxembourg mené par le professeur Fernand Anton. «La douleur est une expérience très subjective», constate Marian van der Meulen, chercheuse post-doctorale dans le groupe de recherche et interrogée par Paperjam lors de la conférence «Health and Behaviour», organisée dernièrement au Learning Centre à Belval.

Selon elle, cette subjectivité de la douleur se traduit par le fait que «la douleur peut être perçue différemment selon des critères émotionnels, psychologiques ou encore physiologiques. Par exemple, lorsque nous envoyons des stimulations douloureuses à des sujets ‘sains’, tout en leur montrant des images tristes ou effrayantes, la douleur est perçue plus intensément que lorsque nous leur montrons des images positives», détaille Marian van der Meulen. «De l’autre côté, nous constatons que des patients souffrant d’une douleur chronique présentent souvent aussi des problèmes émotionnels, comme l’anxiété ou la dépression.»

La méditation, ou encore une activité de distraction peuvent aider à diminuer ou faire disparaître certaines douleurs.

Marian van der Meulen, chercheuse post-doctorale à l’Université du Luxembourg

Selon la chercheuse, les facteurs de perception de la douleur sont aussi d’ordre cognitif. «La douleur sera par exemple moins ressentie lorsque notre attention est portée sur autre chose que la douleur, comme lorsque nous regardons un film.» Autrement dit, la douleur peut être modulée, contrôlée en quelque sorte. «La méditation, ou encore une activité de distraction par exemple, peuvent aider à diminuer ou faire disparaître certaines douleurs. Dans le cas de douleurs chroniques, l’hypnose ou encore des thérapies liées à la pensée positive et de visualisation de la douleur peuvent contribuer à améliorer la santé des sujets.»

L’effet placebo et analyses IRM

L’équipe de chercheurs pointe également les bienfaits de l’usage de placebos sur la diminution de la douleur. «Les personnes ont réellement la sensation de ressentir moins la douleur alors que la pilule ne contient aucune substance médicamenteuse», observe Marian van der Meulen. Comment ça marche? «Le fait que le sujet s’attend à une diminution de la douleur a un impact sur la sensation de douleur elle-même.» 

Un constat que la scientifique a pu également vérifier lors de l’analyse des images IRM de quelque 30 sujets. «Nous avons observé que les zones du cerveau liées aux sensations de douleur sont moins actives sous l’effet d’un placebo. Ce dernier agit non seulement sur le côté psychologique du patient, mais aussi sur la santé, puisque le patient ressent moins de douleur.»

Pour faire avancer les connaissances en matière de traitement de la chaleur par le cerveau, le groupe de recherche de Marian van der Meulen sollicite actuellement des volontaires âgés entre 18 et 35 ans ou de plus de 65 ans, en bonne santé – sans problème de douleur chronique. Au programme: tests de mémoire et psychologiques et analyse de l’activité cérébrale.