POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Législatives aux Pays-Bas

La digue contre le populisme a tenu bon



Mark Rutte peut respirer après le relatif échec de Geert Wilders. (Photo: Licence C.C.)

Mark Rutte peut respirer après le relatif échec de Geert Wilders. (Photo: Licence C.C.)

Le parti libéral du Premier ministre Mark Rutte sort finalement largement vainqueur du scrutin législatif de ce mercredi aux Pays-Bas. Il sera aux commandes pour la formation de son troisième exécutif. Le Parti de la liberté du populiste Geert Wilders progresse légèrement mais reste loin de ses objectifs.

C’est un véritable sursaut démocratique qui a permis aux Néerlandais de contenir la poussée populiste. Les citoyens des Pays-Bas avaient été appelés à voter massivement, et le message a été entendu. Avec un taux de participation de 82%, le nombre total des votants a progressé de 7,4%.

Finalement, cet élan vers les urnes a permis aux partis démocratiques de sauver la mise face au Parti de la liberté (PVV), europhobe et islamophobe, de Geert Wilders. Celui-ci progresse de cinq sièges pour arriver à un total de 20, mais il reste loin de son objectif qui était de 30 élus.

Le Parti populaire libéral et démocrate (VVD) du Premier ministre Mark Rutte fait figure de vainqueur avec 33 sièges, même s’il en perd huit. Mais le grand gagnant est le parti vert GroenLinks (GL) du jeune leader Jesse Klaver (30 ans) qui quadruple son score et obtient un total de 16 députés, ce qui était attendu par les derniers sondages.

Le temps des calculs

Alors que, ce jeudi matin, les résultats définitifs sont encore attendus – les chiffres actuels se basent sur un dépouillement de 93% des bulletins – on peut déjà dire que le grand perdant est le Parti du travail qui s’écroule littéralement, perdant plus de 75% de ses députés. Il n’en aura plus que neuf sur les 38 gagnés lors des dernières législatives il y a quatre ans.

Mark Rutte sait donc déjà qu’il ne pourra pas reconduire une coalition simple avec le Parti du travail comme précédemment. Pour atteindre un total de 76 sièges, il devra composer au minimum avec trois autres partis… sur les 28 qui se présentaient.

Geert Wilders s’est déjà proposé pour entrer dans une future coalition alors que, jusqu’à présent, tous les autres partis ont refusé d’entrer dans un gouvernement dans lequel le PVV serait présent.

Un premier signal fort

Mais, à partir de là, ça redevient un problème propre au pays. Aujourd’hui, l’Europe salue un premier acte de résistance face à la montée des populismes chez un des piliers fondateurs de l’Union européenne.

Le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, a déjà salué la victoire «de ses amis libéraux» et s’est réjoui du fait que «le populisme n’a pas payé». Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a lui aussi très rapidement salué «un vote pour l'Europe, un vote contre les extrémistes».


Les regards vont donc désormais se tourner vers la France et l’Allemagne dont les scrutins, respectivement en mai et en octobre, sont également très attendus pour analyser le réel poids des partis populistes et extrémistes dans les urnes. La cheffe de file des libéraux luxembourgeois, Corinne Cahen, a déjà lancé un appel au voisin français pour «copier/coller les Pays-Bas».