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Qualité au travail

La CSL demande un «véritable» droit à la déconnexion



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«La charge mentale, le travail dans l’urgence, la charge émotionnelle et le harcèlement moral montrent un regain d'intensité prononcé en 2018», explique la Chambre des salariés. (Photo: Shutterstock)

Entre la charge mentale, le travail dans l’urgence ou la difficulté à concilier vie privée et vie professionnelle, les salariés sont de plus en plus stressés, comme le révèle la dernière enquête de la CSL sur la qualité du travail, publiée ce mardi.

Menée depuis 2014 pour le compte de la Chambre des salariés (CSL), l’enquête du «Quality of work Index», sixième édition, a été dévoilée ce mardi. Il en ressort notamment que cet index sur la qualité du travail atteint 54,5 points pour 2018, contre 55,7 en 2017.

Globalement, entre 2014 (55,1 points) et 2018, «le changement est mineur, et la qualité subjectivement perçue du travail reste à un niveau relativement constant», note la CSL.

Peu de «contrôle sur la situation»

Si la qualité du travail varie finalement peu, les dimensions autour du travail semblent, elles, se dégrader. «La charge mentale, le travail dans l’urgence, la charge émotionnelle et le harcèlement moral montrent un regain d'intensité prononcé en 2018», ajoute la Chambre des salariés.

Le niveau de stress continue donc d’augmenter avec des situations marquées «par de fortes demandes psychologiques» et des salariés «ayant un faible pouvoir à contrôler la situation», appuie la CSL. 

Passer sous la barre des 40h

En ce qui concerne l’autonomie au travail notamment, à la question «Dans quelle mesure pouvez-vous décider de la manière dont vous exécutez votre travail?», 49% des personnes interrogées répondent «dans une grande mesure», contre 62% en 2014, soit une baisse de 13%.

Sur la durée hebdomadaire de travail souhaitée par les salariés interrogés, elle est inférieure aux 40 heures «normales» instaurées au Luxembourg. Elle se situe à 38,7 heures pour les hommes et 36,3 pour les femmes.

Une séparation claire entre vie professionnelle et vie privée

De manière plus générale, 46% des employés disent vouloir travailler moins de 40 heures par semaine, et quasiment autant (47%) souhaitent au contraire continuer à travailler 40 heures par semaine, et 7% veulent des heures de travail plus longues.

Sur le thème de la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle, si 60 à 85% des répondants sont fortement d’accord avec une séparation claire, 23 à 28% ne sont pas d’avis que leur entreprise crée un environnement qui favorise la segmentation de la vie au travail et de la vie en dehors du travail.

Pouvoir se détacher «mentalement»

Un constat qui se retrouve à l’affirmation «une fois la journée de travail terminée, j’oublie le travail», où 30% des répondants concèdent qu’elle ne leur correspond pas, ou pas du tout. Ce à quoi la CSL demande «un véritable droit à la déconnexion qui donne la possibilité aux salariés de ne pas se connecter aux outils numériques et de ne pas être contactés par leur employeur en dehors de leur temps de travail.»

«Toute autre forme qui se contente de donner le droit individuel de ne pas répondre à des messages reçus et/ou lus n’arrête pas le risque de stress lié à la porosité des frontières entre la vie professionnelle et la vie privée», insiste la Chambre des salariés. «En effet, recevoir des messages de son chef sur son portable ne permet pas de se détacher mentalement de son travail et détériore la qualité du repos et le bien-être du salarié.»