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Perspectives OCDE

La croissance est là, mais reste trop faible



L’économie chinoise ralentira encore, mais sa croissance reste à des niveaux nettement plus élevés que les économies occidentales. (Photo: Licence C.C.)

L’économie chinoise ralentira encore, mais sa croissance reste à des niveaux nettement plus élevés que les économies occidentales. (Photo: Licence C.C.)

Réunie en conseil des ministres à Paris, l’OCDE a fait part de perspectives économiques encourageantes pour l’économie mondiale, mais la croissance prévue reste largement sous les niveaux d’avant la crise de 2008.

La croissance mondiale repartira à la hausse. Modérément, mais après deux années de baisse, c’est un signe encourageant. Présentant ce mercredi matin les «perspectives économiques» depuis le siège parisien de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), son secrétaire général, Angel Gurría, a pointé «des signes d’amélioration après cinq années de croissance faible».

Selon les économistes de l’organisation, la croissance mondiale devrait atteindre 3,5% cette année et 3,6% en 2018 contre 3% seulement en 2016. Des chiffres encourageants, mais qui restent sous la moyenne de 4% enregistrée entre 1987 et 2007. «La modeste expansion cyclique en cours ne sera néanmoins pas suffisante pour obtenir des gains importants de niveau de vie dans les pays de l’OCDE», a déjà prévenu M. Gurría.

Des signes encourageants après cinq années de croissance faible.

Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE

L’OCDE, qui regroupe 35 pays industrialisés, note des signes positifs qui, à l’avenir, pourraient la convaincre d’encore revoir ses prévisions à la hausse: raffermissement de la confiance des entreprises et des consommateurs, augmentation de la production industrielle, redressement de l’emploi et des flux commerciaux.

Elle note aussi un niveau «vieillissant» de l’outil industriel qui pourrait favoriser des investissements de renouvellement plus importants que prévu par l’adoption de technologies plus avancées.

Une hausse quasi générale

Au niveau des grandes zones d’activité, l’OCDE voit le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro augmenter à un rythme de 1,8% en 2017 et 2018. L’Allemagne devrait connaître un taux de 2,0% au cours des deux prochaines années et la France 1,3% en 2017 et 1,5% en 2018.


Pour les États-Unis, ce taux devrait être de 2,1% en 2017 et 2,4% en 2018, des chiffres inférieurs à ses prévisions de mars. En Chine, les prévisions restent au ralentissement, mais à des niveaux toujours enviés par les économies occidentales: 6,6% en 2017 et 6,4% en 2018.

Au niveau des grands pays émergents, la croissance indienne devrait s’accélérer à des taux également impressionnants – 7,3% cette année et 7,7% en 2018 –, tandis que le Brésil devrait revoir sa croissance augmenter à partir de cette année pour grimper à un rythme de 1,6% l’an prochain.

Quant à la zone OCDE, dans son ensemble, son taux de croissance devrait atteindre 2,1% en 2017 et 2018. Un rythme insuffisant pour sortir pleinement du piège de la croissance faible, analyse l’organisation, qui incite aussi les gouvernements à prendre des mesures pour une croissance qui, au-delà des chiffres abstraits, puisse profiter à tous.