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Big four

La croissance d’Ernst & Young s’appuie sur l’audit



Alain Kinsch: «La croissance de plus de 16% de notre département audit au cours des 24 derniers mois est remarquable.» (Photo: Julien Becker/archives)

Alain Kinsch: «La croissance de plus de 16% de notre département audit au cours des 24 derniers mois est remarquable.» (Photo: Julien Becker/archives)

Avec un chiffre d’affaires de 125 millions d’euros, le bureau de Luxembourg du cabinet affiche une croissance de 6,1% par rapport à l’année fiscale antérieure.

Pour poursuivre sa croissance sur l’année fiscale 2010-2011, le bureau de Luxembourg d’Ernst & Young a surtout pu compter sur son département audit. C’est en effet celui-ci qui affiche la plus forte croissance au sein des lignes de services du Big Four. Par rapport à l’année fiscale précédente, cette croissance s’établit à 8,9%. Le département fiscal d’Ernst & Young, quant à lui, affiche une augmentation de son chiffre d’affaires de 3,2%, alors que l’activité de conseil reste stable.

Globalement, Ernst & Young à Luxembourg affiche une croissance de 6,1% pour l’année fiscale clôturée au 30 juin 2011. Son chiffre d’affaires s’établit à 125 millions d’euros, contre 117,8 millions d’euros au 30 juin 2010.

Pour le cabinet de conseil et d’audit, c’est une deuxième belle année, puisque lors de l’exercice précédent, sa croissance avait été de 6,5%.

Parts de marché gagnées

«Nous avons pu continuer sur la trajectoire d’une croissance solide, s’est réjouit Alain Kinsch, country managing partner d’Ernst & Young Luxembourg. Le taux de croissance de plus de 16% de notre département audit au cours des 24 derniers mois (8,7% en 2009-2010 et 8,9% en 2010-2011, ndlr.) est remarquable dans un marché stable dans son ensemble. Il signifie simplement que nous gagnons des parts de marché.»

Le succès de son département audit, Ernst & Young l’attribue à sa politique de spécialisation dans plusieurs secteurs d’industrie, mais aussi à l’amélioration permanente de la qualité de ses services. «Chaque jour, il nous importe de faire la démonstration de cette qualité, pas uniquement en réalisant de bons audits, mais en étant auprès de nos clients et de leurs besoins à travers toute une série d’initiatives, a expliqué Bernard Lhoest, Banking and Capital Markets Sector Leader. Il s’agit à la fois d’un succès international, qui se traduit par l’accompagnement de filiales de nos clients internationaux au Luxembourg, mais aussi local. Nous sommes très présents aux côtés des acteurs nationaux.» En la matière, cependant, les défis et risques ne manquent pas. «On a pu voir dans la presse que le monde de l’audit n’était pas sans souci. Et la crise a suscité une remise en question de plusieurs métiers dont le nôtre, a commenté Bernard Lhoest, évoquant le livre vert du commissaire européen Michel Barnier. Nous sommes ouverts au débat, à condition qu’il participe réellement à l’émergence d’une meilleure gouvernance.»

Redéploiement

Concernant ses branches «conseil» et «fiscal», Ernst & Young précise être dans une démarche de redéploiement. La branche fiscale, selon les mots d’Alain Kinsch, a connu «une croissance raisonnable et faible». «Parce que des investissements ont été réalisés et qu’il faut un peu de temps pour qu’ils puissent porter leurs fruits, a-t-il précisé. Mais il s’agit du département pour lequel nous voulons avoir le plus de croissance dans les années à venir.» Dans ce cadre précis, les enjeux aussi sont nombreux, notamment au niveau de l’échange automatique des données financières, l’harmonisation des régimes fiscaux, la structuration des produits. Mais les opportunités ne manquent pas, notamment autour de l’implémentation rapide et efficace de la directive AIFM (Alternative Investment Fund Managers).

Au niveau de la branche conseil, les activités ont été revues totalement l’année dernière, de nouvelles orientations ont été prises. «Mais nous ambitionnons également des taux de croissance plus importants dans ce domaine», a commenté le country managing partner.

Plus de 1.000 employés

Bref, en s’appuyant sur son réseau international, tout en développant des initiatives locales, Ernst & Young ne voit pas l’avenir en gris. Cette année, à Luxembourg, la société devrait dépasser le cap des 1.000 employés. Durant les mois de vacances, elle a recruté 160 personnes.

Depuis le premier septembre, 45 autres ont rejoint les troupes. Aujourd’hui, ils sont 940 à travailler pour le Big Four. 80 autres personnes devraient rejoindre Ernst & Young d’ici le 30 juin.