POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Protestation dans la fonction publique

La CGFP craint une réduction des primes



Pour les responsables de la CGFP, la réduction de la prime d'astreinte votée à la Chambre constitue «un précédent» qui pourrait mener le gouvernement à revoir le système actuel. (Photo: Paperjam/DR)

Pour les responsables de la CGFP, la réduction de la prime d'astreinte votée à la Chambre constitue «un précédent» qui pourrait mener le gouvernement à revoir le système actuel. (Photo: Paperjam/DR)

Estimant avoir suffisamment été mis à contribution dans le cadre des mesures d’économie, le principal syndicat des fonctionnaires protestera jeudi soir. Au cœur des inquiétudes: la réduction supposée du nombre de gratifications. Ce que dément leur ministre de tutelle.

Rien de tel que l’organisation d’un mouvement de protestation pour se faire entendre. La technique n’a rien de nouveau, et tend même à se faire de plus en plus fréquente ces dernières semaines au Luxembourg. Après la descente dans la rue des personnels des secteurs des soins, de la santé et du socio-éducatif réunis sous les bannières de l’OGBL et du LCGB, c’est au tour des membres de la CGFP de mettre la pression sur le gouvernement ce jeudi.

Une mobilisation destinée à donner de la voix au moment où gouvernement et représentants des fonctionnaires se retrouvent autour de la table dans le cadre des négociations pour l’instauration d’un nouvel accord salarial. Et que les finances publiques se portent mieux. Jeudi soir, la question du maintien des primes sera sur toutes les lèvres, à deux jours du vote sur la réforme du SREL qui a entériné le passage du paiement d’une gratification des agents secrets de 12 à 11 mois.

Cette dérive gouvernementale constitue le premier pas vers le démantèlement social.

La CGFP

Pour la CGFP, cette décision – votée par la majorité avec le soutien du CSV – a «valeur de précédent» qui pourrait mener l’exécutif à «s’attaquer ensuite à toutes les primes actuellement versées». Bien que ne représentant qu’un maximum de 300 euros annuels pour chaque agent du SREL – soit une goutte d’eau au regard du total des gratifications qui pourrait atteindre jusque 27.000 euros par an -, la CGFP fait de cette première «une question de principe».

Car selon le syndicat, «cette dérive gouvernementale constitue le premier pas vers le démantèlement social qui finira par toucher tous les agents publics». D’autant plus que cette mesure, même symbolique, intervient après des coupes budgétaires qui ont impacté les logements de fonction, le trimestre de faveur ou les frais kilométriques, rappelle la CGFP. Dan Kersch (LSAP), ministre de la Fonction publique, interrogé par nos confrères du Quotidien, affirme pour sa part que «la mesure imposée par le Conseil d’État pour les agents du SREL ne créera pas de précédent».

La décision de ne pas toucher aux primes a déjà été prise.

Dan Kersch, ministre de la Fonction publique

Idem en ce qui concerne l’ensemble des primes des agents de la fonction publique dans le cadre des actuelles négociations sur le prochain accord salarial, le gouvernement attendant les résultats d’une analyse portant sur le recensement de l’ensemble des bonus en vigueur au sein des différentes administrations. La CGFP elle-même avance ainsi un ordre de grandeur de «plus de 1.000 types de primes».

À en croire Dan Kersch, toujours cité par nos confrères, cette question hautement sensible ne serait pas à l’ordre du jour. «Si la CGFP manifeste pour dire au gouvernement de ne pas toucher aux primes, ce n’est pas nécessaire, car la décision de ne pas y toucher a déjà été prise», assure-t-il.