COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

Récompense

La carte de l’égalité des genres



Brigitte Dethier (ING Luxembourg) (Photo : David Laurent/Wide)

Brigitte Dethier (ING Luxembourg) (Photo : David Laurent/Wide)

ING Luxembourg a reçu le «Prix de la meilleure pratique d’égalité entre les femmes et les hommes dans les entreprises» pour ses nombreuses actions positives en la matière.

Depuis plusieurs années déjà, le ministère de l’Egalité des Chances mène diverses actions en vue d’atteindre un meilleur équilibre des genres au sein des entreprises privées. Parmi ces initiatives se trouve la remise annuelle du «Prix pour la meilleure pratique d’égalité entre les femmes et les hommes dans les entreprises», dont le lauréat 2010 est la banque ING Luxembourg.

«La raison d’être de ces actions n’est certainement pas illusoire quand on sait qu’au Luxembourg l’écart de salaire horaire brut moyen est toujours de 12,4%, que le taux d’emploi des femmes est de 61,4% et que les femmes ne sont que minoritairement représentées, à hauteur de 16%, dans les conseils d’administration», a rappelé la ministre de l’Egalité des Chances, Françoise Hetto-Gaasch, lors de la remise du prix, le 11 octobre.

Pour le groupe néerlandais dans son ensemble, la diversité des individus et des idées est une richesse à cultiver et à entretenir. «Nous sommes convaincus que mettre l’accent sur la diversité apporte de la valeur. Les entreprises mondiales les plus performantes sont celles qui disposent d’un management diversifié, rappelle Rik Vanderberghe, le CEO d’ING Luxembourg. Autre motivation, aujourd’hui plus de 50% des diplômes universitaires vont à des femmes. Dans notre recherche perpétuelle de nouveaux talents, il serait dommage de ne pas suivre le mouvement.»
La banque ING Luxembourg emploie actuellement 801 personnes, dont 390 femmes. Depuis décembre 2009, le plan d’action développé en interne a reçu l’aval du ministère et les initiatives ont pu se développer sur le terrain. La diffusion d’une charte de l’égalité des chances, la sensibilisation du management ou encore la création d’une page intranet doivent désormais permettre d’atteindre l’égalité de traitement entre hommes et femmes.

«En matière d’accès aux postes de direction, des indicateurs de performance ont été mis en place. Nous veillons aussi à généraliser les plans de carrière avec bilan de compétences et séances de coaching individuel pour les personnes qui le souhaitent», précise le CEO. Enfin, sur la question de la conciliation de la vie privée et de la vie professionnelle, la banque a notamment mis en place un processus d’accompagnement des personnes en absence prolongée. Elle a aussi étendu la procédure de rachat de congés et propose des formations e-learning accessibles depuis le domicile.

Au début d’un long processus

Au sein du personnel d’ING, on se félicite de cette récompense, même si l’on reconnaît volontiers que tendre vers l’égalité des genres demande un investissement de tous les instants. «Nous ne sommes qu’au début d’un processus, concède Brigitte Dethier, chef de projet «égalité des chances» et véritable chef d’orchestre des différentes actions menées sur le terrain depuis le début d’année. Grâce à l’appui de notre direction, nous avons pu faire évoluer les choses. Mais le travail de conscientisation n’est pas terminé et de nombreuses actions restent à mener.»

Pour aller plus avant dans la démarche, ING Luxembourg vient de nommer une responsable «Corporate Social Responsibility et Diversité»: Stéphanie Deitz. Son rôle sera de coordonner la mise en place des plans d’action que la banque a déterminés en la matière et de proposer des pistes supplémentaires pour l’avenir. «Pour ce faire, nous travaillons avec des groupes de travail qui jouent un rôle de relais au sein des différents départements de la banque. Notre but est d’ancrer ces concepts dans la culture d’entreprise d’ING Luxembourg», confie-t-elle.

«Deux points me semblent essentiels, ajoute M. Vandenberghe. L’exemple doit venir d’en haut et il faut assurer une totale transparence autour des actions menées. Pour l’heure, notre comité de direction, composé de quatre personnes, ne compte aucune femme en ses rangs. Mais parmi les ‘managers of managers’, 17% étaient des femmes en 2009. Elles sont 23% aujourd’hui et nous comptons atteindre les 33% pour 2014. Cela ne se fait pas en un jour. Nous devons désormais continuer à coacher et à accompagner d’autres personnes afin de leur permettre d’évoluer au sein de notre structure.» Pour un jour atteindre cet équilibre des genres au sein d’une entreprise plus performante encore.