POLITIQUE & INSTITUTIONS

Journée mondiale

Journée de la femme: ode à la diversité



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Pour Éliane Fuchs (Femmes Leaders Luxembourg), les évolutions au sein de la société doivent se faire sans révolution. (Photo : archives paperJam)

Cinq associations féminines se sont unies pour leur journée mondiale ce jeudi soir. L'anthropologue Abdu Gnaba leur a offert une vision encourageante de la diversité.

Journée de la femme ou journée des femmes? La question était posée lors du point presse de cinq associations féminines (Femmes Leaders, la Fédération des femmes cheffes d’entreprises, The Network, Lucilivines et African Women Movement) en écho à la conférence qu'elles organisaient ce jeudi 7 février et intitulée: « La diversité comme source d'innovation ». Captivant l'auditorium de la Banque de Luxembourg, majoritairement féminin, l'anthropologue français Abdu Gnaba, spécialiste des identités culturelles, s'est livré à un inventaire historique de la représentation de la femme dans la société et donc de l’évolution de cette dernière.

«Notre culture exagère les différences créées par l'éducation, a-t-il rappelé. Les mères sont aussi responsables, car elles transmettent ces différences à leurs enfants et en particulier à leurs filles.» Mentionnant au passage que la première bachelière française datait de 1862, M. Gnaba n'a pas manqué d’illustrer son propos par des exemples, passés et récents, de représentations machistes de la société. En remettant en cause les traditions culturelles expliquant cet état de fait, tout en précisant que certaines techniques – dont l’agriculture – étaient d’origine féminine avant d’être «spoliées» par les hommes, l’orateur a lancé une véritable invitation à la diversité : «Femmes, libérez-vous! Peignez le monde avec vos couleurs.» Bien loin du féminisme. «L’attitude féministe en réaction au machisme ne fait qu’exagérer les différences, a-t-il ajouté. C’est moins l’égalité qu’il faut atteindre que la diversité qu’il faut promouvoir.»

La vigne, vue par ces dames

Une ode à la diversité que les associations féminines avaient rappelée lors de la rencontre avec la presse. Tout en invitant les femmes actives au Luxembourg à oser s’affirmer dans leur vie professionnelle. «Nous voulons produire un effet boule de neige sans faire de révolution, note Éliane Fuchs, présidente de Femmes Leaders. Les hommes recherchent un équilibre entre vies familiale et professionnelle. Ils sont de plus en plus nombreux à s’occuper des enfants, davantage que les générations précédentes.»

Un changement du modèle qui incite, dans certains cas, les dames à s’adonner à des loisirs autrefois dédiés aux hommes, dont les plaisirs de la vigne. Dernière-née parmi les associations féminines du pays, LuciliVines consacre d’ailleurs ses activités au vin. «Nous voulons fédérer les femmes impliquées dans le secteur viticole, mais aussi toutes celles qui veulent promouvoir la région de la Moselle», précise Anouk Bastian, présidente de l’association et vigneronne indépendante.

La pratique de cette profession reflète en soi une évolution au sein du monde professionnel. Une évolution que les associations présentes hier souhaitent naturelle, sans devoir recourir à des quotas au sein des entreprises. «Nous n’avons pas besoin de quotas et nous espérons que nos filles n’en auront pas besoin», a noté Christiane Wickler, présidente de la Fédération des Femmes Cheffes d’Entreprises Luxembourg.