POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

«Selmayrgate»

Jour de vérité pour Juncker



Jean-Claude Juncker pourrait démissionner s’il était désavoué par le Parlement européen dans l’affaire «Selmayrgate». (Photo: Commission Européenne)

Jean-Claude Juncker pourrait démissionner s’il était désavoué par le Parlement européen dans l’affaire «Selmayrgate». (Photo: Commission Européenne)

Le Parlement européen doit se prononcer ce mercredi sur le bien-fondé de la nomination très controversée de l’Allemand Martin Selmayr au poste de secrétaire général de la Commission. Jean-Claude Juncker avait mis en balance sa démission pour protéger son ancien chef de cabinet.

Ce pourrait être un jour historique pour l’Union européenne. Le Parlement européen doit en effet se prononcer sur l’affaire dite du «Selmayrgate». Un vote crucial, car il pourrait faire tomber le président de la Commission européenne et l’ensemble de ses commissaires.

Jean-Claude Juncker a en effet mis en balance sa démission si la nomination de son ancien chef de cabinet venait à être désavouée. L’ensemble de son cabinet le soutiendrait. Or, le résultat du vote de mercredi est loin d’être certain.

Tous d’accord sur le principe

Si le Parti populaire européen (PPE), la famille politique du président de la Commission, devrait le soutenir, aucune direction précise n’a été donnée dans les autres formations politiques qui constituent le Parlement de Strasbourg, notamment chez les socialistes.

De nombreux élus européens ne souhaitent pas une crise institutionnelle, bien que la grande majorité est d’accord pour dire que cette nomination avait violé les règles du statut de fonctionnaire européen.

Une nomination «politique»

Le 21 février, Martin Selmayr, alors chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, avait été nommé secrétaire général de la Commission européenne, un poste-clé de cette administration. Les députés avaient dénoncé un parachutage brutal faisant fi de la procédure habituelle pour ce genre de promotion.

Le Parlement européen avait alors ouvert une enquête. Lors d’une audition, le commissaire européen au Budget et aux Ressources humaines, Günther Oettinger, avait reconnu une nomination «politique».