POLITIQUE & INSTITUTIONS

Sécurité aérienne

John Santurbano officialisé à la tête de l’Ana



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John Santurbano, qui assurait l’intérim depuis janvier 2013 à la suite du départ de Ender Ulcun, a été nommé pour un mandat de sept ans à la tête de l'Ana. (Photo: Paperjam/DR)

Le Mémorial B signale dans son édition de ce mardi 27 octobre la nomination de John Santurbano comme directeur de l’Administration de la navigation aérienne, après l’avoir dirigée de fait pendant trois ans comme «faisant fonction».

La nomination du directeur de l’Administration de la navigation aérienne (Ana) est tombée le 9 octobre dernier et a été officialisée au Mémorial B ce mardi. Sans surprise, John Santurbano, qui assurait l’intérim depuis janvier 2013 à la suite du départ d’Ender Ulcun, a été nommé pour un mandat de sept ans à la tête d’une administration clé pour le développement de l’aéroport de Luxembourg, dans le contexte d’une globalisation de l’espace aérien et du «ciel unique européen».

L’Ana devrait devenir l’Administration de l’aérodrome et de la navigation aérienne (ANSP) et ce sera plus qu’un changement de nom pour formaliser un rôle de gestionnaire technique de l’aérodrome qu’elle assume de façon informelle, à côté de sa mission officielle de prestataire de services de la navigation aérienne certifié au Luxembourg. Ces tâches de gestion technique occupent aujourd’hui plus d’un tiers de ses ressources.

Le conseil de gouvernement a d’ailleurs validé cet été un avant-projet de loi définissant les missions de l’Ana et transposant le paquet législatif «ciel unique européen» de 2009. Le texte autorisera l’Ana à déléguer certaines missions de contrôle de l’espace aérien à des partenaires étrangers. La loi de 2007 lui permet d’ailleurs déjà «en vue de l’exécution de ses missions (de) conclure des conventions avec des personnes physiques ou morales de droit public ou privé et coopérer, voire recourir à d’autres prestataires de services de navigation aérienne d’un autre État membre de l’UE ainsi qu’adhérer à des organisations nationales ou internationales».

Dans un communiqué de presse du 26 octobre, les contrôleurs de l’approche aérienne regroupés dans la Luxembourg Approach Controllers Association (Laca), affiliée à la CGFP, ont mis en cause les intentions de «délocalisation de l’espace aérien luxembourgeois vers l’étranger», soit vers l’entreprise publique autonome Belgocontrol, soit vers son équivalente allemande DFS (le ministre du Développement durable et des Infrastructures François Bausch n’a pas encore pris de décision à ce sujet), et dénoncé la perte pour le Luxembourg de «l’entièreté du contrôle de son espace aérien national», ainsi qu’une atteinte à la souveraineté de l’État luxembourgeois.

À l’heure du ciel unique européen, ces craintes de la Laca, relayées par un des députés de Dei Lénk, apparaissent déphasées, d’abord parce qu’une délégation totale ou partielle de la prestation de services à une organisation étrangère ne constitue en aucun cas une renonciation à la souveraineté.

Déficit?

Les contrôleurs de Laca, qui représentent une vingtaine de personnes sur les 200 que compte l’Ana, critiquent le choix probable de Belgocontrol, affirmant que le prestataire «souffre d’un déficit financier structurel, sa dette s’élève fin 2014 à 49.311.545 euros, et l’État belge doit éponger les pertes depuis des années».

C’est une image tronquée de la réalité. Selon son rapport annuel 2014, Belgocontrol a encaissé l’année dernière des produits exceptionnels qui lui ont permis «un bilan positif pour 2014, contrairement aux cinq années précédentes». «Pour la première fois depuis de nombreuses années, Belgocontrol a affiché un léger bénéfice. En 2013, elle enregistrait encore une perte de 8,5 millions d’euros», souligne le rapport annuel.

De plus, et compte tenu de son statut d’entreprise autonome, l’État belge ne peut pas «éponger les dettes» sans risquer de se faire rappeler à l’ordre par la Commission européenne. C’est précisément pour faire de l’Ana/ANSP une administration «rentable», à tout le moins qui rentre dans ses frais, que le gouvernement a entamé une réflexion sur les synergies à mettre en place.