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Mars Di Bartolomeo

«Je ne suis pas de ceux qui s’accrochent à leur siège»



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Après cinq ans comme président de la Chambre des députés, Mars Di Bartolomeo évoque «l’ouverture vers l’extérieur» de l’institution comme élément central de son action. (Photo: SIP - Charles Caratini)

Président de la Chambre des députés depuis décembre 2013, Mars Di Bartolomeo (LSAP) s’apprête à céder sa place. Celui qui aura été journaliste, député-bourgmestre, ministre, puis «premier citoyen du pays» assure vouloir être «le plus utile possible» à l’avenir.

Jusqu’à ce mardi 14h29, vous êtes encore officiellement président de la Chambre. Quelles actions mises en place resteront au-delà de votre mandat?

Mars di Bartolomeo. – «Je n’aime pas me limiter à une gestion journalière de mes fonctions. C’est pourquoi être président de la Chambre a été un travail à plein temps dans lequel je me suis pleinement engagé. Soutenu en cela par un staff peu nombreux, mais excellent. Outre le succès des pétitions ou l’intense travail législatif, je retiendrai l’ouverture de la Chambre vers l’extérieur. Que ce soit via la hausse de notre présence sur les réseaux sociaux, l’utilisation de matériel pédagogique à destination des plus jeunes ou bien encore par le développement d’expertise qui vient combler certains manques aussi bien du côté des administrations que du côté du Parlement, notamment dans les domaines de la politique européenne, du social ou bien encore de l’environnement.

Quel aura été le fil conducteur de vos cinq années en tant que «premier citoyen du pays»?

«J’ai essayé d’être le plus neutre, le plus indépendant et le plus équilibré possible au cours de ce mandat. Aussi bien dans mon approche entre majorité et opposition qu’entre députés et gouvernement. Ce qui m’a valu des critiques sporadiques des uns et des autres, estimant que j’étais trop sévère. Ce qui me fait penser que, finalement, j’ai réussi à garder la bonne distance. C’est cette philosophie que j’ai également souhaitée pour la Chambre, dont le rôle n’est pas seulement d’enregistrer les lois, mais aussi de contrôler le gouvernement et d’assurer un suivi législatif. Car trop souvent, la Chambre a assuré son travail législatif en laissant au gouvernement le soin de mettre en place les lois sans veiller à leur application concrète, sans vérifier que ce qui était voté correspondait bien aux buts initiaux.

Nous avons du retard pour le nouveau site de la Chambre.

Mars Di Bartolomeo, président de la Chambre des députés

Deux événements rares sont survenus sous votre présidence: un report du discours de l’état de la Nation et une fuite de données. Deux événements liés à la technique…

«La coupure du micro du Premier ministre en 2017 est plutôt de l’ordre de l’anecdotique, même si nous avons pris cet événement très au sérieux en mettant notamment en place un système avec une double sécurité. Des travaux de rénovation complète des réseaux ont d’ailleurs été réalisés avant le début de la nouvelle législature. Pour le second cas, une fois l’élément de surprise passé, nous avons réagi de manière conséquente non seulement en contactant le Parquet, mais aussi en jouant la transparence. Une sécurité à 100% n’est jamais garantie, raison pour laquelle nous menons régulièrement des tests d’intrusion notamment. Ceux qui disent que nous n’avons fait que montrer du doigt certains aspects ont tort.

En janvier 2018, le secrétaire général de la Chambre annonçait la mise en place d’un nouveau site internet «pour la fin d’année». Où en est ce chantier?

«Nous avons du retard sur ce dossier. Je ne peux pas avancer de date, à quelques heures de la fin de mon mandat. Cela reviendra entre les mains de mon successeur.

Dans ma vie professionnelle, j’ai toujours changé dans un rythme proche des 10 ans.

Mars Di Bartolomeo, président de la Chambre des députés

À partir de 14h30, le président de la Chambre des députés sera officiellement Gast Gibéryen (ADR), qui formera avec Sven Clement (Piraten) et François Benoy (Déi Gréng) le nouveau bureau provisoire. Qu’est-ce que ce trio dit de la vie politique luxembourgeoise?

«Si, au premier regard, cela peut paraître surprenant, la composition du bureau provisoire reflète parfaitement l’évolution de notre système. Avec Gast Gybérien, que j’ai vu agir en tant que président de la commission du règlement, nous aurons un président expérimenté, engagé et consciencieux. La combinaison avec deux jeunes députés formera donc un trio inhabituel, certes, mais pas inintéressant pour autant. J’espère que les partis traditionnels se remettront en cause pour trouver non seulement les bonnes solutions, mais aussi le bon style pour répondre aux attentes des électeurs.

Une fois les négociations de coalition achevées et le gouvernement nommé, quel rôle souhaiteriez-vous jouer pour la prochaine législature?

«Je ne suis pas de ceux qui s’accrochent à leur siège. Dans ma vie professionnelle, j’ai toujours changé dans un rythme proche des 10 ans. Que ce soit dans ma vie de journaliste, de député-bourgmestre de Dudelange ou de ministre de la Santé et de la Sécurité sociale. Ce qui m’a toujours permis de ne pas faire juste de la gestion, mais de m’engager pleinement. La seule exception pourrait être ce mandat de président de la Chambre. 

Vous ne souhaitez donc pas rester en place au cours de la prochaine législature?

«Ce que je souhaite, c’est d’être le plus utile possible. C’est la seule certitude que j’ai à l’heure actuelle.»