POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Changement de présidence à l’International Coach Federation

«Insuffler une culture du coaching»



2017_04_05_presidence_icf-10_1024.jpg

Salvatore Genovese et Marie-Anne Salier dans les locaux de Maison Moderne, au mois d’avril 2017. (Photo: Maison Moderne)

Président de l’International Coach Federation (ICF) du Luxembourg depuis deux ans, Salvatore Genovese a passé, lundi soir, la main à Marie-Anne Salier lors de l’assemblée générale de l’association. Quel bilan et quelles perspectives pour la filiale locale de l’une des principales fédérations internationales de coaching? Interview en duo.

M. Genovese, quel bilan tirez-vous de ces deux années en tant que président de l’ICF Luxembourg?

Salvatore Genovese: «En 2015, quand j’ai repris la présidence, des initiatives avaient déjà été amorcées, notamment concernant la sécurisation de notre chapitre luxembourgeois sur la carte mondiale du coaching. Cela fait maintenant plusieurs années que le mot ‘coaching’ est utilisé dans différents contextes et nous avons eu à cœur de donner une vision plus claire et plus spécifique de cette approche ainsi que ce que revêt concrètement un processus de coaching professionnel.

Nous avons, durant ces deux années, organisé des événements et des ateliers, communiqué sur l’importance, aussi bien pour les clients privés que pour les sociétés et organisations commerciales, de faire appel à des coaches accrédités qui ont suivi une formation solide et, idéalement, qui appartiennent à une fédération.

Combien de fédérations de coaching existe-t-il au Luxembourg?

Marie-Anne Salier: «Il en existe deux au Grand-Duché. L’ICF et l’EMCC (European Mentoring and Coaching Council, ndlr). Il s’agit d’une fédération qui rassemble des professionnels qui peuvent avoir, outre la casquette de coach, celle de mentor.

Nos deux associations ont chacune un code déontologique, mais qui contient quelques différences. Nous nous reconnaissons au niveau local et, depuis l’année dernière, nous essayons de créer des synergies. Nous allons d’ailleurs courir l’ING Night Marathon ensemble autour des couleurs du coaching. C’est symbolique, certes, mais nous espérons dans le futur avoir des dossiers communs et représenter dignement la profession au Luxembourg.

Quels sont les objectifs que vous partagez avec l’EMCC?

SG: «Le principal est de professionnaliser le coaching qui, pour l’instant, est une profession non réglementée au Luxembourg. Dans certains pays, comme en France ou en Roumanie, des formations permettent d’accéder à un titre professionnel reconnu sur le plan légal. Cependant, ailleurs, les cadres de cette profession sont encore très vagues et beaucoup s’improvisent coaches sans avoir suivi de formation appropriée et reconnue et surtout sans en avoir les compétences.

Nous voulons éviter que la profession soit tournée en dérision car c’est un vrai métier. Notre mission est, par conséquent, de faire en sorte que celles et ceux qui font appel aux services d’un coach le fassent en toute connaissance de cause.

Le coach n’est ni un formateur, ni un conseiller, ni un psychothérapeute.

Marie-Anne Salier, présidente de l’ICF

Quel genre de coaches font partie de votre fédération?

M-A S: «Il y a les coaches de vie, qui vont accompagner des personnes à surmonter des obstacles qu’ils rencontrent et qui ont envie de progresser, mais dans une optique personnelle. Il y a des coaches de carrière, qui vont intervenir au sujet d’un repositionnement professionnel souhaité ou subi.

Nous avons également des membres qui proposent du coaching scolaire pour accompagner les jeunes, ou encore du ‘business coaching’ pour accompagner les managers à atteindre leurs objectifs ou travailler sur leur leadership. Si la finalité est différente, tous ces coaches ont une formation de base complétée, le cas échéant, par des techniques, méthodes ou outils spécifiques. Certaines formations sont reconnues et portent un label ICF. Notre fédération impose par ailleurs à ses membres de continuer à se former tout au long de leur carrière.

Peut-on dire qu’il n’existe pas vraiment de culture du coaching au Luxembourg?

SG: «En partie, oui. C’est pour cela que nous voulons créer une prise de conscience du côté des entreprises locales. L’idée est de les accompagner à développer une culture du coaching en interne pour permettre aux cadres dirigeants de développer eux aussi les compétences de leurs collaborateurs en adoptant une posture de coach.

Pour ce faire, il est souhaitable que les coaches professionnels encouragent les managers actuels à se distancer de l’approche ‘control and command’ qu’on a connue pendant des décennies. C’est la façon d’accompagner une équipe qu’il est impératif de changer. En outre, la génération actuelle ainsi que les suivantes n’accepteront plus d’être considérées comme de simples exécutants.

Mme Salier, quels sont les principaux objectifs de votre mandat?

M-A S: «L’un de mes objectifs prioritaires sera justement d’insuffler cette culture du coaching non seulement au sein des entreprises, en en démontrant les apports et bénéfices concrets, mais aussi au niveau du grand public. Il s’agira de faire un travail pédagogique pour rappeler que le coach n’est ni un formateur, ni un conseiller, ni un psychothérapeute. Mon deuxième objectif sera de satisfaire au mieux nos membres existants en répondant le plus à leurs besoins et en les encourageant à continuer de se former. Et bien sûr d’en attirer de nouveaux.»