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Blanche Weber

«Il faut un débat sur la croissance»



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«La gratuité des transports publics n’est pas une priorité. Le prix n’est pas un problème, c’est la qualité de l’offre et la ponctualité qui intéressent davantage les gens», estime Blanche Weber, la présidente du Mouvement écologique. (Photo: Maison Moderne)

La présidente du Mouvement écologique, qui a fêté ses 50 ans d’existence mercredi, regrette que l’avenir économique et écologique du pays ne soit pas abordé à travers des discussions de fond et des perspectives de long terme.

Si elle refuse de se prononcer sur le programme du nouveau gouvernement avant d’en avoir discuté au sein de son conseil d’administration, qui doit se réunir jeudi prochain, Blanche Weber ne cache pas pour autant ses opinions sur les actions politiques de ces dernières années.

Et que ce soit en termes de mobilité ou de logement, celle qui préside le Mouvement écologique depuis 2003 constate que les vraies questions n’ont pas été posées par le pouvoir politique, alors que la population est prête à les entendre.

«La gratuité des transports publics n’est pas une priorité. Le prix n’est pas le problème, c’est la qualité de l’offre et la ponctualité qui intéressent davantage les gens», dit-elle. «Concernant les problèmes de logement, je ne vois pas comment nous pourrons gérer cette question avec le modèle de croissance actuel.»

Comprendre les leviers de la croissance

Un débat sur la croissance est en effet essentiel pour Blanche Weber, car celui-ci n’a pas eu lieu, ou de façon trop superficielle. Aucune discussion de fond n’a été menée, selon elle, alors que de nombreuses études pourraient nourrir les réflexions.

«Nous devons pouvoir maîtriser notre croissance économique, et pour cela, il faut tout d’abord ne pas avoir peur d’en parler», argumente-t-elle. «Il est ensuite impératif que la solvabilité du système social ne dépende plus de la croissance. Ces deux points sont essentiels pour que le débat soit constructif.»

Beaucoup d’études ont été faites et doivent servir à nourrir la réflexion.

Blanche Weber, présidente du Mouvement écologique

Car il est impératif et urgent de bien comprendre ce que les différents types de croissance apportent réellement au pays. Blanche Weber l’assure, plus d’un serait surpris de voir que certains secteurs supportés par le gouvernement engendrent finalement peu de retombées directes pour le Luxembourg.

«Il y a beaucoup d’études qui ont été faites et qui doivent servir à nourrir la réflexion pour que l’on sache quels sont les leviers qui peuvent être maniés», continue-t-elle.

Absence de relais politique

Les études disent aussi que les gens sont prêts à accepter des politiques de développement durable s’ils sont convaincus de leur effet concret sur l’environnement et si elles sont construites de façon équitable.

«Je pense que la population luxembourgeoise est bien plus prête qu’on ne le croit à faire des efforts», note Blanche Weber. «J’observe d’ailleurs qu’elle est davantage encline à s’impliquer dans la vie en société et à donner son opinion, mais l’évolution est inverse dans le système politique, où l’on trouve de moins en moins de relais du côté des partis politiques.»