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Visite officielle

Hollande ne pourra faire l’impasse sur Cattenom



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Les députés français se sont engagés à réduire de 50% l'apport du nucléaire d'ici 2025. Un engagement que certains rêvent de voir appliquer à Cattenom. (Photo: Julien Becker)

Présent ce vendredi en visite officielle au Grand-Duché, le président de la République française est attendu au tournant quant à l’avenir de la centrale nucléaire mosellane. Un serpent de mer entre les deux pays qui pourrait encore durer des décennies.

Du côté luxembourgeois, les choses sont claires. La centrale nucléaire de Cattenom doit fermer. Une position ferme rappelée par Xavier Bettel, lors du dernier briefing du Conseil de gouvernement. «La question de Cattenom sera abordée» lors de la visite du président français vendredi, a assuré le Premier ministre. Une conversation qui risque, encore une fois, de tourner au dialogue de sourds, tant les positions des deux pays sur cette question sont divergentes. Alors qu’EDF, gestionnaire de la centrale nucléaire mosellane, plaide pour une prolongation de la durée de vie des installations, le gouvernement luxembourgeois milite pour une fermeture pure et simple. Et pour cause, les réacteurs fonctionnent depuis 1986 à une quinzaine de kilomètres de la frontière.

Une position ferme réitérée officiellement en mai 2014 au travers d’une réponse parlementaire de Dan Kersch, ministre de l’Intérieur (LSAP). Dans la foulée de la publication du rapport 2013 de l’Autorité de sécurité nucléaire (ASN) française qui avait relevé sept incidents dans l’enceinte de Cattenom en un an, le ministre de l’Intérieur indiquait que «le Luxembourg poursuivra les démarches auprès des autorités françaises dans le but de la fermeture de la centrale de Cattenom.»

Amélioration des conditions de sécurité

Un objectif sans ambiguïté également poursuivi par les gouvernements précédents. Preuve en est la multiplication des engagements pris par les autorités grand-ducales dans les organes de contrôle de la centrale française. En plus de la participation à la commission mixte franco-luxembourgeoise de sécurité nucléaire, le Luxembourg siège au sein de la commission locale d’information et participe aux exercices nucléaires «3 en 1». Des exercices transfrontaliers de gestion de crise en cas d’incidents qui pourraient survenir au sein de la centrale mosellane. Des incidents relativement fréquents. Dernier exemple en date: l’arrêt du réacteur n°3 en raison d’un problème sur le transformateur électrique. Une panne survenue ce mercredi.

De leurs côtés, les autorités françaises souhaitent le maintien en activité des installations, plaidant une nette amélioration des conditions de sécurité.  Et ce, après les efforts réalisés suite au rapport de l’ASN 2014 qui pointait du doigt les défauts en matière d’entretien des installations et de protection contre la radioactivité de ses employés. Lors du dernier contrôle réalisé fin janvier 2015, l’ASN saluait les efforts réalisés, mais notait tout de même que «les efforts engagés doivent être poursuivis».

Selon les dernières prévisions d'EDF, Cattenom pourrait fonctionner jusqu'en 2036, voire jusqu'en 2042. Soit 50 ans au mieux – et 56 ans au pire – après sa mise en service. Pour rappel, les députés français se sont engagés à réduire de 50%, d'ici à 2025, la part du nucléaire dans l'approvisionnement énergétique. Un engagement que les autorités luxembourgeoises – et certaines ONG – comptent bien rappeler à leur hôte demain pour tenter d'atteindre leur objectif...