ENTREPRISES & STRATÉGIES — Architecture + Real Estate

Les prix du résidentiel au 1er trimestre

Habitat: la nouvelle hausse discrètement observée



L'offre de logement s'assèche, malgré les constructions (ici, l'émergence d'Arboria à Differdange) en tous genres. (Photos: Charles Caratini / archives et logement.lu)

L'offre de logement s'assèche, malgré les constructions (ici, l'émergence d'Arboria à Differdange) en tous genres. (Photos: Charles Caratini / archives et logement.lu)

L'Observatoire de l'habitat, qui dépend du ministère du Logement, semblait être en hibernation depuis le début de l'année. Il vient de se réveiller en publiant les chiffres du 1er trimestre 2014 et montrant des prix de vente et à la location toujours en hausse.

Sur le site internet www.logement.lu, on retrouve l'indication d'un rapport, un peu surréaliste sur la forme, de l'Observatoire de l'habitat, qui est l'une des dépendances du ministère du Logement (où l'implication relative de la ministre Maggy Nagel continue à poser question). Sur la page web, donc, un onglet annonce, avec quelques mois d'avance sur le calendrier, les prix des appartements à la vente au 4e trimestre 2014!

On l'aura compris, il s'agit en fait des prix au 4e trimestre 2013 recensés par l'Observatoire, lequel a actualisé, ce lundi et dans la plus grande discrétion (pas d'annonce, pas de communiqué), les prix de vente et à la location des maisons et appartements, en fournissant les chiffres au 1er trimestre 2014.

Cliquez pour agrandir 

Il faut bien dire que, sous l'ancien gouvernement, l'Observatoire se montrait plus réactif dans l'actualisation et la transmission de ses données. Là, il donnait le sentiment d'un organisme en hibernation. La rédaction de paperJam.lu avait d'ailleurs contacté (vendredi 4 juillet) la coordination de l'Observatoire de l'habitat (au Ceps/Instead) pour s'enquérir du fait que son site faisait toujours tourner des statistiques relatives à la fin de l'année 2013, alors que 2014 était déjà bien entamée. Il n'a pas fallu attendre trop longtemps pour que le site de l'Observatoire fournisse des données plus récentes...

Celles-ci font état d'une tendance toujours haussière des prix du résidentiel, tant à la vente qu'à la location, ainsi que de la poursuite d'un assèchement du marché de l'offre de logements par petites annonces (-22% pour les maisons et -23% pour les appartements par rapport au 1er trimestre 2013).

Maisons impayables à la location

Le taux de variation sur un an de l'indicateur de vente des maisons a pris 6,09%, pour un prix moyen de 672.196 euros (3.696 euros/m2), celui des appartements montre une hausse de 4,35%. Il faut débourser en moyenne 402.114 euros (4.501 euros/m2) pour se loger en appartement.

Les indicateurs des prix proposés à la location au 1er trimestre 2014 par rapport à la même période en 2013 sont également à la hausse: +6,12% pour les maisons et +4,25% pour les appartements. Du côté de l'offre aussi, l'Observatoire signale un nombre d'annonces «nettement inférieur» à celui qui avait été relevé un an plus tôt: -15% pour les maisons et -38% pour les appartements.

Les loyers moyens pour habiter dans une maison à Luxembourg-ville sont devenus impayables pour des ménages «normaux»: 3.443 euros par mois, soit 15,74 euros/m2 et 1.519 euros pour un appartement (22,97 euros/m2).

Comprendre les évolutions conjoncturelles

La lecture des autres chiffres des prix à la location suggère un flux croissant de la population résidente vers la région ouest pour les appartements (+11,5% de hausse des loyers en 12 mois) et au centre sud et à l'est pour les maisons, avec des progressions de loyers respectives de 9,5% et 14,1%.

Cette évolution mérite un examen attentif. Ce à quoi d'ailleurs se destine l'Observatoire de l'habitat, qui prévoit la publication à partir du mois d'octobre 2014 d'un bulletin conjoint avec le Statec, consacré aux prix du logement. «Cette publication», souligne Julien Licheron, coordinateur de l'Observatoire au Ceps/Instead, «visera à apporter une meilleure compréhension des évolutions conjoncturelles et structurelles sur le marché du logement».