POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Assises de la culture

Grand corps (pas trop) malade



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Jo Kox et Guy Arendt présentaient le bilan intermédiaire après les assises culturelles. (Photo: ministère de la Culture)

La présentation du bilan intermédiaire des consultations dans le suivi des assises culturelles lève plus de questions que de réponses. Un calendrier est cependant annoncé.

«Le patient culture se porte plutôt bien, mais il geint beaucoup.» Jo Kox, chargé par le ministère de la Culture de dresser le bilan et d’assurer le suivi après les assises culturelles de juillet 2016, a eu une petite année pour ausculter et prendre le pouls du secteur. Filant la métaphore médicale, il poursuit son diagnostic: «On ne peut pas guérir chaque bobo, mais plutôt donner des conseils de bonne hygiène: faire du sport et mieux dormir.»

Pendant toute l’année, Jo Kox a ainsi sondé les acteurs de la culture en organisant «Les Ateliers du jeudi»: une série de rencontres rassemblant une douzaine de personnes autour de thèmes transversaux comme les conventions, le patrimoine, l’archivage, l’éducation, le développement de l’audience, les commandes publiques, les questions de genre, de droits d’auteur, l’export des artistes, les ateliers, la décentralisation… 250 personnes ont participé à 23 ateliers, essentiellement des représentants d’institutions culturelles, les artistes étant présents mais moins nombreux qu’espéré pour des questions de travail et de calendrier.

Les conclusions de ces ateliers participatifs constituent la base de réflexion et de discussion pour les acteurs culturels et les pouvoirs publics en vue de l’élaboration d’un «texte martyr» qui sera encore discuté et amendé pour aboutir au plan de développement culturel. Mais le chemin semble encore long avant d’avoir en main ce fameux plan. «Ce que l’on veut, c’est un document stratégique qui installe des lignes pour plusieurs années», indiquait le secrétaire d’État Guy Arendt, se voyant reprocher la lenteur des procédures. «Rien de tel n’a été fait en 30 ans. Ça prend du temps.»

État des lieux et enjeux

La première phase de consultation étant donc terminée, le plan d’action suppose de dresser un état des lieux et de déterminer les enjeux de la gouvernance culturelle. Cette phase durera jusqu’en juillet 2018, où de nouvelles assises auront lieux. Viendront ensuite les phases de concertation et de définition de la stratégie culturelle (2018), puis la rédaction du plan de développement culturel (2018-2019), qui devrait être présenté au plus tard lors des troisièmes assises de juillet 2020. «Si le plan est prévu pour durer, il devra cependant pouvoir être évalué et repensé régulièrement au vu des évolutions du secteur que nous ne pouvons pas encore connaître», plaide Jo Kox, qui semble ainsi s’être trouvé une carrière à long terme avec des assises tous les deux ans.

«Il est impossible d’établir un plan sans savoir à qui il s’adresse et ce qui existe déjà», explique-t-il. Aussi l’état des lieux comprendra non seulement un recensement de l’offre culturelle existante, y compris géographiquement, mais aussi une identification et une classification de cette offre: domaine d’activité, public cible, audience, fonction…

Comprendre qui fait quoi (ou qui doit faire quoi) au niveau de la gouvernance est un autre aspect qui sera traité durant l’année à venir. Quelles sont les missions respectives du ministère de la Culture, des communes, des institutions, du secteur associatif? Avec quels moyens?

Vers un Luxembourg for Culture

La promotion des artistes à l’étranger est une des préoccupations récurrentes. Les réponses apportées dans les différents pays européens sont très diverses et Luxembourg devra choisir son propre modèle. Un «Luxembourg for Culture» (copiant les Luxembourg for Finance, Business ou Tourism) est à l’étude comme «bureau de promotion nationale et internationale unique, en relation avec les efforts entrepris dans les domaines économiques et touristiques».

Parallèlement à ces recensements et recherches, la connaissance du public sera affinée à travers une enquête comme elle a déjà eu lieu en 2009, de manière plus précise, pour connaître les pratiques culturelles. Un observatoire des politiques culturelles pourrait être créé.

Dans un souci de transparence et d’accessibilité, tous les rapports et documents préparatoires sont consultables en ligne sur culture.lu.