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Conférence

Garder le contrôle de l’IA, en allant de l’avant



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Le ministre Pierre Gramegna a accueilli l’expert en intelligence artificielle de PwC, Anand Rao. (Photo: Jan Hanrion / Maison Moderne)

Introduisant un débat du Paperjam Club sur l’intelligence artificielle, ce mercredi soir, le ministre des Finances, Pierre Gramegna, a insisté sur les grandes opportunités liées à l’innovation.

L’inconnu fait peur. Aujourd’hui, un de ses visages se nomme «intelligence artificielle». Robots, big data, victoire de la machine sur l’homme… Bref, menace ou opportunité? Pour en discuter, le Paperjam Club avait invité, hier, dans les locaux de PwC Luxembourg, un spécialiste international de la question: Anand Rao, PwC US global artificial intelligence lead.

Avant de confronter ses vues avec des entrepreneurs luxembourgeois, l’hôte du jour a été introduit par le ministre des Finances, Pierre Gramegna. Un ministre qui a insisté sur la volonté sans faille du pays de miser sur l’innovation, mettant en évidence le cocon que représentait le Grand-Duché pour les start-up et les fintech.

L’intelligence artificielle, nous la transportons déjà avec nous tous les jours.

Pierre Gramegna, ministre des Finances

Quant à l’intelligence artificielle, Pierre Gramegna semble bien faire partie des convaincus des opportunités à en tirer, admettant que la machine pouvait démontrer des capacités nettement supérieures à l’Homme. «L’intelligence artificielle, nous la transportons déjà tous les jours avec dans notre poche, sous la forme d’un smartphone», a-t-il insisté. «Ce qu’il permet de faire est bien plus impressionnant que d’avoir posé un pied sur la lune dans les années 1960.»

Quant aux risques que ces développements feraient courir sur l’emploi, il semble y voir le discours d’oiseaux de mauvais augure. «On a tenu le même discours dans les années 1950 lorsqu’on a inventé les grands calculateurs. Aujourd’hui, tout le monde a un ordinateur et personne ne semble s’en plaindre.»

Il rappelle aussi que lors de sa venue au Luxembourg, il y a deux ans, Jeremy Rifkin avait estimé que «25% des emplois qu’on occupera dans cinq ans ne sont pas encore connus». Comment dès lors craindre pour l’emploi alors qu’on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait?

Regarder l’humain

Un argument soutenu par l’invité du jour, Anand Rao, qui a ainsi pointé les futurs besoins en matière de cybersécurité. «Des jobs vont disparaître, d’autres seront créés», a rassuré l’expert. Mais, tout en regardant les opportunités, il juge bon de surtout se focaliser sur les risques, notamment au niveau éthique.

Le mot est souvent revenu, plaçant une sorte de barrière invisible entre le progrès à tout crin et une vision raisonnée des progrès humains. Un humain que l’Américain entend bien préserver au centre du jeu. «Malgré tous les progrès technologiques, nous ne pourrons jamais négliger l’expérience acquise par chacun de nous, elle représente toujours un élément central du progrès.»