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Galileo: où en est le GPS européen?



Là où le GPS est capable de localiser au mieux à sept ou huit mètres en configuration civile, Galileo bénéficie d’une précision au mètre près, voire au centimètre dans sa version payante. (Photo: Fotolia / tanaonte)

Là où le GPS est capable de localiser au mieux à sept ou huit mètres en configuration civile, Galileo bénéficie d’une précision au mètre près, voire au centimètre dans sa version payante. (Photo: Fotolia / tanaonte)

Les bonnes nouvelles ne cessent de pleuvoir pour Galileo. Après l’annonce le 15 mai dernier du lancement de la deuxième génération de satellites, Jean-Yves Le Gall, qui préside le conseil de l’Agence spatiale européenne, vient d’annoncer que le système européen de géolocalisation compte dorénavant 200 millions d’utilisateurs dans le monde.

Lancé en décembre 2016 pour affranchir l’Europe du GPS américain, Galileo a connu un démarrage difficile. Les dernières nouvelles sont plutôt rassurantes et viennent conforter les ambitions du projet. Ainsi, au cours des derniers mois, le dispositif européen a doublé son nombre d’utilisateurs, alors même qu’il est toujours en phase d’assemblage, quatre nouveaux satellites devant être envoyés dans l’espace en juillet prochain pour compléter les 26 satellites déjà déployés – certains étant encore en cours de calibrage et de rodage.

Un enjeu pour la voiture autonome, mais pas seulement 

Plusieurs facteurs expliquent ce succès. Le premier tient dans la précision de localisation du système européen. Là où le GPS est capable de localiser au mieux à sept ou huit mètres en configuration civile, Galileo bénéficie d’une précision au mètre près, voire au centimètre dans sa version payante. Ce qui signifie que pour la localisation d’une voiture, le GPS sait sur quelle route elle se trouve, alors que Galileo est capable d’analyser sur quelle voie elle circule. Lorsque le système sera pleinement opérationnel, en 2020 avec le maillage final de 30 satellites, cet avantage pourrait s’avérer décisif sur le marché des voitures autonomes.

En croisant les données de localisation Galileo, GPS et Glonass, le dispositif russe, le système européen peut aussi se révéler d’une aide très précieuse pour les services de secours en permettant de retrouver plus vite une personne en détresse, y compris à l’intérieur d’un immeuble. Il autorise également une datation ultra-précise, au milliardième de seconde, qui peut faire foi pour des transactions financières ou la gestion en temps réel de l’énergie.

L’UE se penche déjà sur le futur de Galileo 

La progression de Galileo repose aussi sur le fait que de plus en plus de smartphones adoptent le service européen pour les services de géolocalisation: la liste publiée sur le site du projet recense 34 modèles, dont les stars du moment que sont les iPhone 8 et X, le Huawei P20 ou le Samsung Galaxy S9.

L’Europe voit au-delà et prévoit d’allouer au programme Galileo un financement de 9,7 milliards d’euros pour la période 2021-2027, afin de couvrir notamment le développement et l’acquisition de quatre satellites de transition destinés à assurer la continuité de la constellation Galileo à l’horizon 2025-2026 et de préparer le passage à la deuxième génération de satellites.