POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

À la demande de l’Azerbaïdjan

Frank Engel, objet d’un mandat d’arrêt international



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Les prises de position répétées de Frank Engel contre le régime de Bakou ont abouti au lancement d’une procédure officielle internationale. (Photo: Christian Aschman / archives)

L’eurodéputé européen luxembourgeois (CSV) se retrouve, tout comme deux autres membres du Parlement européen, au centre d’une procédure lancée par l’Azerbaïdjan. Bakou lui reproche d’avoir supervisé un référendum dans une république autoproclamée.

Depuis jeudi, Frank Engel, eurodéputé CSV, se retrouve non seulement officiellement sur une liste noire en Azerbaïdjan, mais fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt international. Pour les autorités de Bakou – à savoir la famille du président Ilham Aliev -, le Luxembourgeois est «entré illégalement sur le territoire» le 20 février dernier lorsqu’il est venu superviser un référendum dans la région du Haut-Karabakh, une république autoproclamée.

Peuplé principalement d’Arméniens, le Haut-Karabakh se retrouve au centre d’un conflit armé entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie depuis la chute de l’URSS, en 1991. Et selon Frank Engel, la situation sur le terrain empire, ce dernier n’hésitant pas à affirmer que «l’Azerbaïdjan viole le cessez-le-feu tellement sciemment et fréquemment que ça en devient simplement ridicule». Dans une interview accordée au site Bruxelles2, le 17 février dernier, l’eurodéputé n’hésitait pas à affirmer que l’Azerbaïdjan «est un pays qui pratique la guerre, qui commet des crimes de guerre, qui procède à des arrestations arbitraires, à des décapitations… Tout ce que vous pouvez imaginer. C’est une république bananière kleptocrate comme il y en a peu.»

Des déclarations réalisées quelques jours seulement avant son déplacement, aux côtés de deux autres eurodéputés - Eleni Theocharous (Chypre) et Jaromír Štětina (République tchèque) –, au Haut-Karabakh. Ces derniers figurent également sur le mandat d’arrêt international demandé par Bakou. Dans une déclaration publiée jeudi soir sur son compte Facebook, Frank Engel estime notamment que la démarche des autorités azéries «est le comble de la débilité politique». À l’heure actuelle, Frank Engel, tout comme les deux autres eurodéputés, ne figure pas dans la liste officielle des personnes recherchées par Interpol.