POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Fortius - Altius - CeBIT

Fortius - Altius - CeBIT



Paperjam

Rendez-vous annuel à Hanovre:

Même en pleine période d'effondrement du secteur IT le rendez-vous de Hanovre semblait plus attirant que jamais. 422.000 mètres carrés d'exposition, 8106 exposants venus de 60 pays, 76.000 visiteurs au premier jour, 830.000 au total, moins de bouchons grâce à l'infrastructure étendue pour l'EXPO 2000; les records sont tombés comme aux Jeux et l'organisateur du CeBIT, la Deutsche MESSE AG, n'a pas raté de s'attribuer une médaille en or pour un chacun de c(s)es records.

Les chiffres ne laissent aucun doute, le CeBIT devance les autres salons de l'informatique de quelques puissances. Le deuxième salon le plus grand au monde, le Comdex aux Etats-Unis, ne peut se vanter «que» de 122.000 m2 de surface et de quelques 2.000 exposants. Pour autant, le Comdex reste leur référence (bien que le CeBIT soit devenu inévitable).

Cette position «marginale» place l'organisateur dans une situation presque intouchable. Du point de vue logistique les limites sont atteintes: les tramways amenant les spectateurs ? qui veulent tous arriver entre 8 et 9 heures du matin ? se suivent à 50 mètres l'un de l'autre, 8 rames pleines à craquer se vident toutes les 2 minutes. Pour les transports individuels, 6 voies sont dirigées vers l'exposition, des centaines de bus et taxis, des dizaines de milliers de voitures se ruent chaque jour de la foire aux parkings agrandis pour les besoins de l'Expo. Une expo dont le bilan restera positif malgré les effets secondaires de l'environnement économique. Pour contrer à cet engorgement, le salon sera allongé et durera à partir de 2002 huit jours entiers.

Ce n'est pas uniquement sur le plan de la logistique que l'organisateur devra faire des efforts, les attentes engendrées par un salon qui se réjouit d'être qualifié de «la Mecque de l'ICT» sont grandes. Ici l'accès à Internet devrait être omniprésent et universel. Néanmoins sur 422.000m2 il ne reste plus de place pour des kiosques d'accès gratuit (ou payant) à Internet. Certes sur les stands l'accès y est, mais là encore pas pour tous. Aux heures de pointes la bande passante touche, elle aussi, à ses limites, démontrant de façon exemplaire qu'on ne peut jamais en avoir assez. Côté télécoms, les 4 opérateurs allemands «inondent» les halls. Le deuxième jour, T-Mobil a arrêté les démonstrations GPRS trop gourmandes en ressources, E-Plus a refusé l'accès HSCSD avec plus d'un canal, réduisant la vitesse de connexion aux traditionnels 9600bps.

Au centre de presse, équipé d'une cinquantaine de postes, une poignée de journalistes est en train de bricoler des solutions d'accès. Les opérateurs locaux n'arrivent pas à suivre la demande, les lignes sont occupées, les connexions établies lentes à mourir. On constate que finalement se retrouver au CeBIT n'accélère point l'accès.

Arrivé à ce point, aux limites physiques, certains sportifs recourent au dopage. Mais comment doper les tramways, ordinateurs et accès à Internet. Et si moyen il a, est-ce bien légal'