PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Conférence de printemps à Luxembourg Congrès

Fonds: Tom Seale prêche la bonne parole



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Tom Seale: «Si nous ne définissons pas nous-mêmes ce que nous sommes, ce sont les autres qui vont le faire à notre place. Et ce sera fatalement contre nous.» (photo: Jessica Theis / archives)

Ces mardi et mercredi, Luxembourg Congrès accueille l’édition 2015 de la conférence de printemps de l’Alfi. L’occasion pour l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement, par la voix de son ancien président, de remettre l’église au milieu du village concernant certains préjugés qui ont la vie dure.

Ils seront encore plusieurs centaines à converger vers Luxembourg Congrès ces mardi et mercredi pour l’édition 2015 de la conférence de printemps organisée par l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement. Un rendez-vous qui intervient dans un contexte pour le moins porteur pour le secteur au Grand-Duché, lequel a enregistré, fin janvier, pour le 17e mois consécutif, une hausse du patrimoine global net des OPC et des FIS à 3.277,01 milliards d’euros.

Cela correspond à une progression de 5,88% par rapport au mois précédent (dont une large part due aux effets de marché) et de près de 25% sur 12 mois. En remontant jusqu’à août 2013, date du dernier «recul» enregistré (le patrimoine global avait glissé de 2.523,2 milliards d’euros à 2.498,8 milliards), la hausse est de plus de 30%.

Parmi les nombreux orateurs qui interviendront au cours de ces deux jours, Tom Seale, CEO d’European Fund Administration, président de l’agence Luxflag et ancien président de l’Alfi (entre 2003 et 2007, année à laquelle les actifs des fonds ont atteint 2.000 milliards d’euros), cherchera à démystifier certaines idées reçues, pas forcément positives, tant pour le secteur que pour le pays. «Nous constatons que si nous ne définissons pas nous-mêmes ce que nous sommes, ce sont les autres qui vont le faire à notre place. Et ce sera fatalement contre nous», prévient-il.

Haro sur l’ignorance et la naïveté

L’ambition de son intervention, ce mardi en milieu de matinée, est de contribuer à (r)établir une certaine vérité sur la base de chiffres extraits, pêle-mêle, de rapports d’économistes, du FMI, de la Commission européenne ou de consultants spécialisés. «Je souhaite un discours compréhensible par le grand public, explique M. Seale. Je ne citerai jamais le terme de Ucits! Mais surtout, j’ai envie d’une présentation de type open source: il faut que d’autres puissent se l’approprier, la réutiliser et, pourquoi pas, l’améliorer, que ce soit auprès des maisons mères de leurs organisations, ou bien à l’occasion de road shows ou de missions de promotion. Et j’espère bien que dans 10 ans, nous n’aurons plus besoin de refaire ce genre de présentation!»

Au-dessus de cela planera évidemment l’ombre des récentes «attaques» dont le Luxembourg a été la cible, et qui ne se limitent pas aux seules affaires LuxLeaks, voire SwissLeaks. Une tendance qui s’est plus ou moins affirmée au fil des ans, au gré des jalousies suscitées par l’insolente réussite de la place financière en général et de l’industrie des fonds en particulier.

«Il est temps d’inverser cette attitude beaucoup trop facile, faite d’ignorance et de naïveté, qui considère les fonds comme un secteur caché, basé sur des choses louches», prévient M. Seale. «Les fonds sont un vrai métier et sans nous, beaucoup de sociétés dans le monde n’auraient pas accès à des financements, ce qui constituerait un frein au développement mondial.»

Les fonds luxembourgeois en 5 chiffres-clés

33,1% – C’est la part de marché du Luxembourg dans l’industrie européenne des fonds au 31 décembre 2014.  C’est plus que ses deux poursuivants immédiats réunis: l’Irlande (16%) et la France (14,4%). (Source: Efama)

20,2% – C’est la croissance des actifs des fonds Ucits au Luxembourg au cours de l’année 2014. Seule l’Irlande (22,1%) a fait mieux. (Source : Efama)

24,89% – C’est la hausse du patrimoine global net des OPC et des fonds spécialisés entre janvier 2013 et janvier 2014. La hausse entre janvier 2012 et janvier 2013 n’avait été «que» de 9,06%. (Source: CSSF)

x2 – En 2014, Luxembourg a attiré près de 230 milliards d’euros de souscriptions nettes. C’est deux fois plus que le pays qui le suit au classement, l’Irlande, qui n’affiche «que» 112 milliards pour l’année écoulée. (Source: Efama).

17 – C’est le nombre de mois consécutifs de hausse (série en cours) du patrimoine global des OPC et des fonds d’investissement spécialisés au Luxembourg. (Source: CSSF)