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Intelligence artificielle

Faut-il vraiment que les robots nous ressemblent?



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Donner une apparence humaine aux robots n’est pas forcément applicable à toutes les situations ni à tous les âges. (Photo: AdobeStock / Yevhen)

Tous les robots n’ont pas vocation à adopter une forme humanoïde. Si les robots de service sont appelés à nous ressembler – condition indispensable à leur acceptation sociale –, les modèles industriels, qui constituent la majorité du parc actuel, s’en tiendront probablement à leur apparence de machines-outils.

La robotique en est encore à ses prémices. Outre les questions éthiques, les spécialistes font face à une interrogation quant à la forme à donner à ces compagnons faits de mécanique et d’électronique. Verra-t-on fleurir les robots socialement intelligents, capables d’émotions et ressemblant, à s’y méprendre, à des êtres humains, à l’image de Nadine, le premier robot humanoïde embauché comme réceptionniste à Singapour? Faut-il plutôt s’en tenir à des machines qui ressemblent à des machines? En fait, la forme dépend des usages. 

Attention à l’anthropomorphisme!

De plus en plus de chercheurs, comme Serge Tisseron, psychiatre et fondateur de l’Institut pour l’étude des relations hommes-robots (IERHR), estiment qu’une trop grande humanisation des robots-compagnons pourrait devenir dangereuse, voire pathologique.

À partir du moment où nous pouvons les confondre avec des êtres humains, nous risquons de leur attribuer des sentiments et des comportements pour lesquels ils n’ont pas été programmés, au point de vouloir les protéger ou de nous sentir coupables à l’idée de les désactiver. L’idéal serait donc de créer des robots humanoïdes qui peuvent être identifiés clairement comme des machines, tout en étant perçus comme une présence rassurante. 

Des robots-robots pour les plus jeunes

Donner une apparence humaine aux robots n’est pas forcément applicable à toutes les situations ni à tous les âges. D’après une étude réalisée par l’Institut de technologie de Géorgie, aux États-Unis, les personnes interrogées choisiraient un robot à forme humaine pour les interactions sociales, quand il s’agit de jouer, d’avoir une conversation ou d’apprendre. Ils plaident en revanche pour des robots-robots dans le cas de tâches d’accompagnement, comme l’aide personnelle à domicile. Des robots en charge des corvées trop humanisés seraient considérés comme trop invasifs, et donc mal acceptés.

L’âge constitue également un facteur déterminant dans l’image que l’on se fait d’un robot. Ainsi, les adultes âgés de 65 à 75 ans préféreraient un robot qui ressemble beaucoup à un humain. Les plus jeunes, et les enfants en particulier, imagineraient plutôt cohabiter avec un robot à l’air moins humanoïde.