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La chute de la Maison Juncker

Exclusif: un ex-agent du Srel livre ses souvenirs



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En l'espace de quelques semaines, Jean-Claude Juncker a dévalé les marches du pouvoir. (Photo: Christophe Olinger / archives)

L’édition de janvier de paperJam, à paraître ce jeudi, livre en exclusivité le récit qu’un ex-agent du Service de renseignement de l’État a fait d’une entrevue entre le Premier ministre sortant, Jean-Claude Juncker, et trois représentants du Srel.

L’enregistrement que Marco Mille, l’ancien directeur du Service de renseignement de l’État (Srel), fit en janvier 2008 d’une conversation avec le Premier ministre Jean-Claude Juncker, dans le bureau de ce dernier, puis la révélation de son contenu, ont été le déclencheur de la chute de la maison CSV et de son chef charismatique.

La commission d’enquête parlementaire sur les dysfonctionnements du Srel a cherché le motif ayant poussé un homme aussi intelligent et futé que Marco Mille à la faute: emprunter une montre du service pour voler une conversation sensible avec le Premier ministre, allant du fichage des citoyens à la chasse aux gauchistes dans les années 1980.

Marco Mille, dans ses auditions devant les membres de la commission d’enquête, a tenté de justifier son acte en racontant qu’il avait cherché à protéger son service. Il s’agissait d’obtenir de Jean-Claude Juncker la preuve que ce dernier avait bien autorisé au préalable la mise sur écoute du fameux Monsieur M., (en l’occurrence Loris Mariotto), pour tenter de percer le mystère d’un CD crypté. Ce CD était relatif à une audience que le Premier ministre avait eu avec le Grand-Duc Henri au Palais, probablement en 2006, dans le contexte de l’affaire du Bommelëeer.

L'affaire de la montre

La vraie raison de l’enregistrement de M. Mille avec Juncker serait toutefois à chercher ailleurs: dans la défiance que le chef du renseignement luxembourgeois avait envers le Premier ministre, son chef hiérarchique direct. Pourquoi ? Le motif tiendrait à la personnalité même de Jean-Claude Juncker et à un de ses travers: un mélange d’arrogance et d’agressivité que d’aucuns attribuent à des déjeuners parfois très arrosés.

Un récit, encore à paraître et dont paperJam a pris connaissance, et sobrement intitulé «Die Sache mit der Uhr» (L’affaire de la montre), livre une version de ce qui s’est passé dans le bureau du Premier ministre un soir de 2007.

Un extrait explicite du récit d'André Kemmer (cliquer pour agrandir)

Son auteur est André Kemmer, ancien agent du Srel et ex-conseiller en sécurité au ministère du Commerce extérieur, actuellement suspendu de ses fonctions pour avoir été l’un des protagonistes de l’affaire du Srel avec Marco Mille et Frank Schneider, ancien directeur des opérations du Service de renseignement.

Tous les trois étaient dans le bureau du Premier ministre. La description que M. Kemmer a faite de la réunion a été corroborée par Frank Schneider. Tous les deux affirment d’ailleurs avoir apporté leur témoignage lors de leurs auditions respectives devant les officiers de Police judiciaire dans le cadre d’une enquête ouverte fin 2012 sur des écoutes présumées illégales.

La suite est à découvrir dans l’édition de janvier de paperJam, à paraître ce jeudi.